Fenêtre sur Pacifique. Sortie combo DVD/Blu-ray chez ESC Editions.

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En louant l’un de ses appartements, un jeune couple signe pour son pire cauchemar. Un thriller habillement agencé par John Schlesinger.

Afin de pouvoir s’offrir et restaurer la demeure de leur rêve, Patty (Melanie Griffith) et Drake (Matthew Modine) doivent impérativement louer une partie de l’immeuble. Si le couple Japonais qui se voit attribuer le premier appartement est un modèle de locataire, il en est tout autrement du mystérieux Carter Hayes (Michael Keaton), qui ne se contentera de s’assoir sur les clauses de son contrat.

Fenêtre sur Pacifique (1990) est avant tout – et un peu plus quand même – un thriller « psychologique » d’une efficacité implacable. Une belle mécanique qui fonce sans faux-semblant et sans détours vers son objectif : transformer  une banale situation domestique en un cercle vicieux infernal. À commencer par l’entrée en matière, ou plus précisément l’entrée dans les lieux d’un jeune couple, sempiternelle partie scénaristique propice aux tendres effusions et aux mirages de la vie, réduite ici à sa portion la plus congrue pour laisser s’inviter le péril dans la demeure. Tout aussi rapidement s’effondre les illusions sur l’inconnu de la maison, capable en un claquement de doigts de transformer ses victimes en coupables. Annoncée par le fragile épiderme du couple et les rictus démoniaques de Hayes, l’escalade de la tension suit son cours naturel, relancée par un twist bienvenu à mi-parcours.

Derrière les manettes on retrouve John Schlesinger. Le réalisateur dont les débuts ont donné naissance à de magnifiques drames tels que Loin de la foule déchaînée (1967) et Macadam Cowboy (1969) pris ensuite un virage plus éclectique, en se dirigeant vers la comédie et plus remarquablement vers le thriller, grâce à l’époustouflant  Marathon Man (1976). Même si le scénario de Fenêtre sur Pacifique ne le place pas dans la même catégorie que le susnommé,  Schlesinger réussit de nouveau à titiller notre palpitant. Avec comme maître mot : la concision à tous les étages. Décor minimaliste – quasi huis clos -,  blancheur des murs pour un supplément de froideur, caméra souvent à distance pour suggérer la menace.  Empruntant au film d’éprouvante le principe : moins on voit le monstre, plus il peut rester longtemps effrayant, Michael Keaton et ses sourcils maléfiques se montrent peu envahissants.

Basée sur une histoire vraie, les aspects juridiques ainsi que les enjeux policiers et financiers ne sont  abordés que dans les grandes lignes. Les dialogues – le plus souvent des affrontements verbaux -, au sein du couple ou avec l’intrus se résument également à l’essentiel. Avec comme corolaire, une caractérisation à minima des personnages, rendu néanmoins intéressante par la mise à mal des archétypes. Corps sculpté et fort en gueule, prétendant régler le problème à lui tout seul et protéger le foyer, Drake s’embourbe pitoyablement dans son entreprise. Patty prend vite les choses en main, pour se débarrasser de la vermine – vicieux mais pleutre Hayes.  En adoptant les méthodes autrefois l’apanage des « mâles dominants », son personnage traduit le changement de paradigme qui s’opère dans les années quatre-vingt-dix, la décennie précédente – ère Reaganienne- la glorification outrancière des Tough Guys – Stallone, Willis, Schwarzenegger…, ayant atteint ses limites, sans pour cela être définitivement placardisée. Un couple menacé, l’homme incapable d’en venir à bout,  Fenêtre sur Pacifique s’inscrit  dans le même cadre des thrillers conjugaux haute-tension de l’époque que sont Calme Blanc (Philipp Noyce, 1989) et La main sur le Berceau (Curtis Hanson, 1991),  sans jouait cependant la carte du trouble sexuel. Quant à la violence dont est capable Patty, elle démonte comme les deux héroïnes de  JF partagerait appartement (Barbet Schroeder, 1992) le mythe de la fragilité féminine, pour définir un nouveau modèle : sexy mais avec une bonne dose de testostérone.

: sexy avec une bonne dose de testostérone.

Fenêtre sur Pacifique. Sortie combo DVD/Blu-ray chez ESC Editions en ce début mars.

 

 

 

 

 

 

 

 

Titre original : Pacific Heights

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Durée : 102 mn


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