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Capitalism : A Love Story

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<< Du pop-corn et des fourches >>. Voici ce que Michael Moore souhaite offrir aux spectateurs de son dernier film. Images d´archives, discours politiques et vidéos extraites du web construisent la pensée éternelle du réalisateur : dénoncer les vices de l´Amérique. Qui aura le dernier maux ?

Ne soyons pas surpris : ce film est choquant. À tout point de vue. Entre manichéisme, diabolisation et dénonciation, Michael Moore cherche une fois encore à montrer du doigt ce que les États-Unis font de pire : oublier ce qu’est un être humain. Avec Capitalism : a love story, chacun devient témoin du rapport affreux entre les hommes et l’argent, dans un contexte de « guerre bancaire ». Après Roger et moi, dédié à l’impitoyable entreprise General Motors et le désastre qu’elle a commis à Flint, ville natale du réalisateur, Moore nous amène sur le terrain glissant des rapports entre riches et pauvres au sein de la société américaine.

Quelle est la meilleure façon de dénoncer la crise d’un système politico-économique ? Montrer. Michael Moore se met en scène pour mieux appeler à la raison. Jusqu’à dérouler un bandeau de « lieu de crime » autour de Wall Street. La trame de ce film est simple : exposer par l’image les raisons qui ont poussé les dirigeants politiques à laisser les grands patrons manipuler les citoyens américains. Léger point sur le socialisme, l’élection de Barack Obama, la Seconde Guerre mondiale et le système capitalistique : Moore donne la parole aux pauvres gens, désespérés de quitter leurs maisons à cause d’un surendettement.

On connaît désormais bien le personnage et sa diffculté à s’empêcher de mettre sur toute chose une touche d’ironie. Michael Moore va jusqu’à s’introduire dans les banques pour arrêter de grands patrons véreux. Quelle colère a donc frappé l’Américain ? Ce film est un véritable appel à l’anarchie, la révolution, le cataclysme sociétal. Depuis Bowling for Columbine en 2002, l’Amérique n’a pas connu de telles critiques sur son système. Longtemps perçue comme un modèle, la réussite pour quiconque la réclame au pays du « self made man » est aujourd’hui prise de revers.

Mais ne nous laissons pas attendrir. Certes, Capitalism : a love story est une véritable illustration de ce que nous devrions faire : nous rebeller. Cependant, le film est construit de telle sorte que nous avons à peine le temps de réfléchir à ce qui est montré. Images brutes d’amateurs à l’appui, souvent tournées en ridicule, saccadées et enchaînées très rapidement, Michael Moore a sans doute incorporé trop de sujets pour parvenir à véritablement les saisir dans leur globalité. Rejet de l’immobilisme politique de G. W. Bush, dénonciation des grands patrons des banques américaines avec noms et preuves à l’appui, enquêtes de terrain auprès de familles touchées par la crise… ce documentaire vacille entre film de société et fiction policière. La musique est parfaitement adaptée aux images, un évident art de la « mise en scène » se déploie.

L’actualité sert ici de support à la thèse de la manipulation du billet vert. Mais est-ce suffisant ?
Michael Moore pose une fois de plus des questions auxquelles nous réfléchissons peu. Appel à la démocratie, retour aux valeurs humanistes, critique sanglante du capitalisme, le film interroge notre capacité à changer. Capitalism se place parfaitement en confrontation avec les événements récents. Crise des subprimes, rejet des structures bancaires et interrogations sur le socialisme : le réalisateur tend à trouver des solutions quelques peu anarchiques susceptibles de mettre fin à tout misère dans le monde, toute manipulation des masses. Une fois de plus, c’est avant tout une belle demonstration par l’image que nous offre Moore, sans pincettes ni programme politique.

Titre original : Capitalism: A Love Story

Réalisateur :

Acteurs :

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Genre :

Durée : 126 mn


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