Alors le temps d’un été, le temps d’une rentrée, les deux amours se retrouvent, se déchirent, se recollent. Avec une grande poésie et une manière de filmer presque « vintage », très inspirée de Fellini, Daniele Luchetti signe son film le plus personnel. De la caméra Super 8, véritable jouet du fils aîné dans
Ton Absence, sa propre caméra d’enfance, aux meubles et aux maisons qui sont les décors du film, tout rappelle la propre vie du réalisateur. C’est par cet aspect naturel, lié aux objets, à l’atmosphère, aux familles des trois côtés – la grand-mère paternelle, maternelle, la mère – que l’on s’attache très fortement aux personnages, que l’on comprend leurs réactions, que l’on s’identifie à chaque étape émotionnelle qu’ils sont en train de vivre. Le film devient le nôtre, sans limite ni recul.
La place de la femme ? Ce n’est pas un film féministe, même si une partie du long métrage est tournée en France, autour d’un groupe de féministes en vacances, militantes, se questionnant sur la condition de la Femme. Mais c’est un film féminin, sur l’amour avec un homme, sur l’amour avec une femme, sur le rôle d’épouse, de mère, de maîtresse. Très proche du film italien La prima cosa bella (Paolo Virzi, 2010), c’est par la femme que la fiction se construit, même si le rôle masculin est essentiel. C’est elle qui mène la famille, c’est elle qui est au cœur de la création artistique, des pulsions, des envies. Daniele Luchetti parle de sa propre femme, de sa propre mère et de son enfance, c’est lui et ses proches qu’il donne à voir, dont il s’inspire.
Filmé avec beaucoup de justesse, très « à l’italienne » avec des plans serrés proche de la matière, des visages, au plus près des émotions, Ton Absence est l’un des plus beaux films de Daniele Luchetti, le plus personnel et donc le plus risqué. C’est une véritable plongée au sein de la famille italienne, ses mystères, ses complexités, son charme. Que viva l’amore…