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Tim Burton

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Pour beaucoup Tim Burton symbolise un rêve d’intégration à l’hollywoodienne. Il est en effet celui qui aura fait de sa singularité et de sa différence un atout et un thème central de sa filmographie. Le réalisateur se rendait populaire par les aspects mêmes qui l’avaient autrefois isolé et pliait les studios à sa vision et non […]

Pour beaucoup Tim Burton symbolise un rêve d’intégration à l’hollywoodienne. Il est en effet celui qui aura fait de sa singularité et de sa différence un atout et un thème central de sa filmographie. Le réalisateur se rendait populaire par les aspects mêmes qui l’avaient autrefois isolé et pliait les studios à sa vision et non l’inverse dans des films de plus en plus ambitieux et personnels. Beetlejuice dévoilait ainsi son goût pour les personnages excentriques et outranciers tout en montrant son mépris de la bourgeoisie et du conformisme. Les deux Batman (et en particulier le chef d’œuvre que constitue le second volet) montraient eux son identification aux personnages torturés et marginaux dans une poésie ténébreuse qui saurait se faire encore plus lumineuse et romantique dans le magnifique Edward aux mains d’argent. Le biopic Ed Wood viendrait conclure cette frénésie créative où Burton apporterait aussi son jalon au cinéma d’animation avec L’Étrange Noël de Monsieur Jack. Burton avait alors déjà tout dit et basculerait ensuite dans l’exercice de style réussi, que ce soit la parodie de SF 50’s Mars Attack ou l’hommage à la Hammer qu’est Sleepy Hollow.

Rien ne préparait cependant au revirement thématique du réalisateur des années 2000, en dépit du ratage de La Planète des Singes. Ainsi la conclusion de Big Fish (en opposition au roman qu’il adapte) remet en cause la nature surnaturelle des évènements contés et adopte au final le point de vue du personnage normal plutôt que celui du marginal. Les évènements de sa vie personnelle (perte de son père et sa propre paternité) ont fait évoluer Tim Burton vers une certaine maturité (que l’on peut regretter mais qu’on ne peut pas lui reprocher) où le marginal, l’exclu qu’il a pu être, désire désormais s’intégrer. Le problème est que ce changement n’a pas suivi formellement et qu’en l’absence de cette foi et croyance d’antan la patte Burton apparaît en décalage. Le réalisateur se résume désormais à une marque déposée, une griffe visuelle attendue alors qu’autrefois celle-ci définissait réellement sa personnalité. Dès lors l’esthétique de Charlie et la Chocolaterie ou Alice au pays des merveilles trahit par ses aspects criards et laids l’intérêt décroissant du cinéaste envers ses univers, où il ramène désormais en conclusion ses héros à la vie normale. On attend que Burton parvienne à venir à bout de ses contradictions pour redevenir le grand cinéaste qu’il fut.

Bonne lecture avant un prochain thème consacré au western américain des années 70.

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