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The last hillbilly

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Deux Français offrent un portrait flamboyant d’une famille de « bouseux » des Appalaches.

Au fin fond du Kentucky

Pour leur premier long métrage, ces deux Français originaires de Lille dans le Nord ont traversé l’Atlantique pour retrouver cet homme des Appalaches, Brian Ritchie, qui les avait apostrophés un soir alors qu’ils dînaient dans un petit restau perdu au fin fond du Kentucky de l’Est. C’est donc autour de ce personnage de cinéma en fait, poète, musicien et charismatique, qu’ils ont construit leur film en trois parties, qui n’est ni un documentaire traditionnel, ni un western décalé même s’il est tourné dans cette région des Etats-Unis si photogénique avec ses grands espaces et ses feux de camp que l’utilisation du format 1.33 a volontairement réduit en dimension et en portée symbolique.

Avec une photo magnifique due à Thomas Jenkoe et un montage incroyable de Théophile Gay-Mazas, ce film devient une véritable oeuvre d’art en hommage à la musique et aux bouseux si souvent maltraités et méprisés du Middle East américain auxquels la mandature de Donald Trump qui s’achève a fait le plus grand tort finalement.

 

 

Revendiquer le fait d’être « hillbilly »

Le titre porte délibérément le titre provocateur dont se gratifie lui-même le personnage central et emblématique de ce film, Brian, comme pour en désamorcer la portée réductrice et pour s’en attribuer la portée à dimension quasiment universelle. Car ce film le clame haut et fort à l’intention de tous ces gens qui se croient supérieur aux ploucs alors que ceux-ci pourraient leur donner surtout des leçons de vie et de savoir-vivre. Ici, le portrait de Brian, de sa famille et de ses enfants qu’il a peur de devoir abandonner lorsqu’ils mourra ou, encore pire, de les voir mourir avant lui, est un hommage à la joie de vivre et au dur désir de durer malgré tout. « The Last Hillbilly est le portrait d’une famille à travers les mots de l’un d’entre eux, déclarent les réalisateurs dans le dossier de presse du film, témoin surprenant d’un monde en train de disparaître et dont il se fait le poète. C’est une zone rurale reculée, dont l’organisation sociale se tisse autour de clans familiaux. Elle a toujours entretenu un rapport très particulier vis-à-vis du reste des États-Unis, cultivant un esprit d’indépendance et une volonté d’autosuffisance forte, qui va de pair avec une défiance marquée envers l’extérieur. Ce que le reste des États-Unis leur rend bien, puisque les autres Américains appellent ceux qui y vivent hillbillies. Un mot très péjoratif signifiant ploucs ou bouseux, littéralement péquenaud des collines. »

 

Plus sincères que les rats des villes

Après avoir vu ce film, on sort de la salle étrangement étonnés, en se demandant si les bourgeois des villes se propulsant en trottinettes et feignant d’être écolos ne sont finalement pas des fantômes comparés à ces ruraux emplis d’une sagesse millénaire et ancestrale qui repose sur l’observation des étoiles, des chants désespérés et de l’amour de leur famille.

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Durée : 80 mn


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