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Stan & Ollie

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Une ode à la nostalgie.

Ils ont fait rire aux éclats toute une génération de spectateurs, et restent aujourd’hui encore une référence lorsque l’on évoque les grands duos comiques du cinéma, comme le seraient d’une autre manière Bourvil & Louis de Funès en France dans les années 1960. Stan Laurel & Oliver Hardy. Pour un cinéaste contemporain, concevoir un film en leur honneur était un pari risqué. Jon S. Baird n’a pas eu peur face à un tel challenge et offre au public un hommage efficace à ces deux légendes du cinéma burlesque de l’entre-deux-guerres, alors encore en noir et blanc.

1937. Stan Laurel et Oliver Hardy s’apprêtent à enregistrer une danse qui restera dans les annales du cinéma, celle du film Laurel & Hardy au Far West, que Billy Cristal, à l’occasion de la cérémonie des Oscars en 1992, reprendra en leur hommage. Ils sont alors à leur apogée de leur carrière, et considérés comme des égaux de Charlie Chaplin ou Buster Keaton. Toutefois, ils ne bénéficient pas des mêmes avantages que les deux stars hollywoodiennes. Enfermés dans un contrat qui leur est peu profitable, Stan, acculé par de nombreuses pensions alimentaires, tente de convaincre son comparse qu’il est temps de le renégocier. Ollie se montre réticent : il vient de se remarier et dépense beaucoup d’argent dans les paris sportifs. Après un virulent argument avec leur production, l’autoritaire Hal Roach, Stan quitte le plateau.

 

 

Seize-ans ont passé. Si le duo est débarrassé de leur tyran (non sans perdre encore plus d’argent), il a perdu de sa superbe. La santé d’Ollie défaille, Stan vieillit lui aussi, et une nouvelle génération d’acteurs les a remplacés dans le cœur du public. Après l’échec cuisant de leur dernier film, sorti deux ans plus tôt, ils décident de remonter sur les planches, lors d’une tournée à travers l’Angleterre. Un défi de taille pour les deux comparses, que seul le lien indéfectible qui les unit pourra tenter de relever, au-delà des doutes, du chagrin d’être tombé dans l’oubli et la peur de ne parvenir à reconquérir ceux qui les adulèrent une décennie plus tôt.

Il fallait bien le talent de deux grands acteurs, Steve Coogan et John C. Reilly pour donner au spectateur à ressentir toutes ces émotions, inhérentes à la situation dans laquelle sont plongés les personnages. Ils ne se contentent pas de singer Laurel & Hardy, ils s’immergent totalement dans la peau des humoriste s(mention spéciale à Reilly, bluffant dans le rôle d’Ollie), si bien que par moments apparaît entre eux la même alchimie qui faisait la magie des films de l’association originale. Cette interprétation crédible se voit renforcée par la place accordée aux épouses respectives de Laurel & Hardy (interprétées respectivement par Nina Arianda et Shirley Henderson), et la mise en scène léchée, inhérente aux films traitant du monde du spectacle, que Jon Baird crée via une photographie aux teintes chaleureuses et des décors particulièrement soignés.

Le cinéaste, sans recourir à de caricaturaux effets de manche, et malgré quelques longueurs qu’on lui pardonnera aisément, nous offre en définitive une heure et demi de sincérité et de réflexion sur l’amitié, le temps qui passe, et dont l’on ressort non sans une certaine émotion, une douce nostalgie.

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Durée : 97 mn


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