Rien de personnel

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Rien de personnel n´a d´intérêt que pour ses trente premières minutes, après quoi ni fond ni forme ne sont au rendez-vous.

La société Muller organise une réception à l’occasion du lancement d’un nouveau produit. Au cours de la soirée, on découvre qu’il s’agit en réalité d’un exercice de coaching pour les cadres de l’entreprise. Peu à peu, les rumeurs sur le rachat prochain de la société se vérifient et chacun se retrouve à tenter de sauver sa place.

En fait, seules les trente premières minutes de Rien de personnel présentent un réel intérêt. Ce qui tient alors en haleine, c’est la succession des points de vue qui met en place le récit et les personnages, et emmène le spectateur dans de fausses directions. Ainsi croit-on que Bruno Couffe, joué par Jean-Pierre Darroussin, est un cadre dépressif alors qu’il se révèle être un coach à fond dans son rôle. Il est là pour évaluer Natacha Gauthier-Stevens (Melanie Doutey), jeune femme en manque évident de confiance en elle. Une fois ce canevas posé, le film devient un vide « interstellaire », un sommet d’ennui.

Certes, le propos du film est très ancré dans la réalité, dénonçant les licenciements à tour de bras, le monde du travail gangréné par la rentabilité et les profits. Mais cela ne suffit pas à faire prendre la mayonnaise, même avec des acteurs français de renom comme Jean-Pierre Darroussin, Pascal Gréggory ou encore Zabou Breitman. Le souci majeur du film vient du fait que l’on ne sait pas dans quel genre le classé. Comédie ? Drame social ? En 1h30, le film ne nous fait esquisser que trois sourires et n’apporte aucun regard nouveau sur le monde de l’entreprise. Aucune émotion – rires ou pleurs – ne se dégage de la fin. Pour compléter le tout, il est difficile de s’attacher à des protagonistes n’ayant au fond aucun but, le spectateur ne faisant que suivre une succession de saynettes n’aboutissant à rien.

Tout ça pour dire que ce premier long-métrage de Mathias Gokalp, pourtant présenté cette année à Cannes à la semaine de la critique ne marquera sans doute pas les esprits, contrairement à des films comme La Firme de Sydney Pollack, Le Couperet de Costa Gavras, Louise-Michel de Martin Gignac ou Le Machiniste de Brad Anderson, dépeignant de manière plus originale le monde impitoyable du travail.

Titre original : Rien de personnel

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Durée : 91 mn


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