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Pompéi

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Encore une histoire de jeunes en déshérence, mais très belle interprétation.

 

Un cinéma sous influence

Les deux réalisateurs, ancrés dans trois pays francophones différents, nous proposent une balade qui se voudrait la balade des enfants et des adolescents dans un pays presque imaginaire d’où les adultes sont bannis. Ce petit monde fonctionne selon des rites nouveaux qui ont oublié l’amour et qui vit de fouilles mystérieuses pour mettre à jour et vendre les plus belles pièces artistiques du passé. On peut filer facilement la métaphore et, surtout grâce au titre Pompéi, imaginer que les deux réalisateurs ont voulu nous offrir une fable sur le devenir tragique de notre civilisation qui se contente de contempler et de faire commerce. D’où la fin tragique du film mais traitée hors champ.

Mais tout cela suffit-il à faire un bon film, ou du moins un film qui ait du sens ? On dirait qu’en engageant Florian Berutti à l’image, Anna Falguères et John Shank lui ont demandé de s’inspirer des films américains, lents et poétiques à souhait, de Wim Wenders notamment Paris Texas (1984), d’autant que la musique de Dear Criminels s’inspire bien sûr largement de celle, planante et lancinante, de Ry Cooder. La déco d’Alina Santos lorgne bien sûr vers le western et les grands espaces de l’Ouest, dénichant ou recréant des habitats dignes de 37°2 le matin (1986) pour lesquels Jacques Leguillon avait investi les plages de Gruissan dans l’Aude pour y loger Betty Béatrice Dalle et Zorg Jean-Hugues Anglade pour ce film de Jean-Jacques Beineix tiré d’un roman de Philippe Djian et devenu mythique.

 

Docu-fiction ?

Voici pour la genèse de ce film qui, encore une fois, nous parle de décadence, de jeunesse perdue et, qui sait ?, de rédemption. Mais les spectateurs que nous sommes n’en peuvent plus maintenant, et qui s’en préoccupe ? On met d’ailleurs pas mal de temps à comprendre de quoi il s’agit puisque ce petit film ne se présente ni comme un film de science-fiction, ni comme une fable, mais plutôt comme un vrai faux documentaire sur une petite tribu d’enfants dirigée par de jeunes adultes pas encore sortis de l’enfance. Heureusement que le dossier de presse du film nous renseigne un peu sur les intentions des auteurs. « Pompéi est l’histoire d’une rencontre entre une fille qui ne peut renoncer à l’amour et un jeune homme qui ne l’a jamais vraiment vécu. Une rencontre comme un face à face entre la violence d’une jeunesse à l’abandon et le besoin immémorial de partager des sentiments. »

 

Garance Marillier, nouvelle Jeanne Moreau

On y reconnaît au passage Vincent Rottiers qui a traversé tant de films mais qui, ici, laisse toute la part solaire à Aliocha Schneider, le frère de Niels et ils se ressemblent presque comme deux gouttes d’eau. Tous les acteurs sont d’ailleurs épatants, même et y compris le tout jeune Augustin Wilhem dans le rôle de Jimmy. Et mention spéciale bien sûr à Garance Marillier, dans le rôle de l’amoureuse Billie dans ce monde sans amour. Garance, on l’avait découverte justement dans le film de Julia Ducournau, Grave (2016), où elle crevait l’écran malgré l’inanité du scénario à peine crédible. Les réalisateurs avouent l’avoir choisie pour sa force et son charisme : « Pour Billie nous voulions trouver une jeune femme qui incarnerait une forme de résistance cachée, qui aurait une intensité retenue, un courage que l’on ne lui prêterait pas à première vue. Garance s’est imposée à nous très rapidement avec son visage changeant et la détermination qui se dégage de son corps malgré sa silhouette menue. Elle est à nos yeux une des comédiennes les plus intéressante et les plus douée de sa génération. » Garance Marillier est certainement de la trempe d’une Jeanne Moreau en effet. Le problème, c’est qu’elle n’a pas encore trouvé son Louis Malle ou son Luis Buñuel, hélas.

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Durée : 90 mn


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