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Papa, les petits bateaux

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Papa, les petits bateaux, carnage sur l´air d´une comptine revisitée (c´est-à-dire que les paroles sont devenues quelque peu polissonnes !), est un film extravagant de loufoquerie à condition de tout prendre au second degré. Il raconte l´histoire de Vénus de Palma. Fille d´un riche armateur, elle mène une vie fantasque (ses frasques à répétition font […]

Papa, les petits bateaux, carnage sur l´air d´une comptine revisitée (c´est-à-dire que les paroles sont devenues quelque peu polissonnes !), est un film extravagant de loufoquerie à condition de tout prendre au second degré. Il raconte l´histoire de Vénus de Palma. Fille d´un riche armateur, elle mène une vie fantasque (ses frasques à répétition font le bonheur de la presse à scandale). Un jour alors qu´elle a passé la nuit au commissariat pour conduite en état d´ivresse sur la voie publique, déguisée en officier de police, elle est kidnappée par des gangsters. Débutants, pas très futés, ils pensent pourtant obtenir une grosse rançon. Dommage pour eux, la gentille petite idiote, très loin des réalités quotidiennes, est maligne. La fausse ingénue va faire preuve d´ingéniosité en parvenant à créer un état de confusion générale. Elle retourne la situation à son avantage et ne tarde pas à semer la zizanie parmi les ravisseurs. Déjà qu´ils n´étaient pas expérimentés, là ils sont totalement dépassés par les événements !

L´héroïne peut vraiment passée pour une petite peste capricieuse restant, aux yeux du spectateur, antipathique si son rôle n´est pris avec du recul. L´actrice anglaise à l´accent puéril est gentiment folle mais pourrait vite devenir agaçante. La trame narrative n´est guère étoffée et pourrait tomber dans une rengaine soporifique. Rien de très original. Toutefois, par une réalisation fraîche, dynamique et pleine de tempérament, le film est rendu drôle. Et, puisqu´il s´agit d´une parodie de film noir dans laquelle les codes du genre sont détournés à des fins comiques), les effets sont autant variés que réussis et le résultat est amusant.

La gravité de la situation, qui aurait pu très vite donner un ton dramatique (elle est d´abord enlevée puis tous s´entretuent), les moments << climax >> de ce genre (demande de rançon, rencontre avec la police, inquiétude) sont contrebalancés par la légèreté d´esprit de Vénus et son manque d´état d´âme. Sans faire exprès, elle tue ceux qu´elle ne voulait pas tuer, à la manière des Ladykiller (quoique Venus soit plus consciente de ce qu´elle fait que ne l´était l´héroïne des frères Cohen et de Mackendrick). Les ravisseurs ne font à aucun moment peur, et du reste personne n´est inquiet, ni le père, ni la fille, ni même eux qui voient leur entreprise échouer. Le ton frais nous contamine et les gags, qui foisonnent dans ce film, nous font sourir sinon rire.

A ce propos, Nelly Kaplan dit s´être inspirée des dessins animés de Tex Avery, créant des gags tels que les jetés de chapeaux, les gifles qui partent dans tous les sens, le violon cassé sur la tête de Vénus, les petits pois qui donnent des forces à Marylène (comme les épinard rendaient Popeye fort). Ou encore, lorsque le chef de la bande (incarné par Michel Bouquet à contre-emploi mais pas si mauvais) va téléphoner pour demander sa rançon, non seulement sa pièce reste coincée mais surtout il se voit sortir poliment de la cabine par deux policiers, jolie métaphore ! Et, il y a les costumes, de Mattéo par exemple qui va même jusqu´à faire un numéro de cirque, ou de Vénus qu´ils veulent maquiller. Du vrai comique de situation, on est en plein burlesque à la Buster Keaton, les corps sont maltraités, brutalisés, le tout devient absurde mais ça fait rire !

Nelly Kaplan réalise là un film loin de ses entiers battus, de ce qu´elle a l´habitude de donner à voir. Un peu lacunaire, ce film, déroutant fait néanmoins rire, alors on y croit, on le voit et le revoit sans une once d´arrière pensée !

Titre original : Papa, les petits bateaux

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Durée : 100 mn


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