Nouvelle Vague roumaine : contes d’une convalescence

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Troisième escale de notre parcours des grandes géographies critiques des vingt dernières années : l’émergence récente du jeune cinéma roumain.

Troisième des cinq chapitres de notre parcours des géographies ayant su le mieux stimuler la critique durant ces vingt dernières années, cet épisode roumain se distingue des précédents par son format plus compressé. Si en effet les beaux films du nouveau cinéma roumain excèdent le nombre de cinq, il nous semblait cette fois plus pertinent de nous concentrer sur ceux ayant sans conteste, chacun leur tour, pointé une date décisive dans son émergence au-delà de ses frontières. Des films, donc, et non des auteurs. Ou plutôt une tentative d’identifier la signature d’un auteur à partir de son film à ce jour le plus emblématique (ses deux films, dans le cas particulier de Corneliu Porumboiu).

Aussi, en attendant la sortie dans nos salles en février d’Aurora de Cristi Puiu, près de deux ans après sa présentation cannoise, nous semblait-il important de mesurer à quel point le précédent La Mort de Dante Lazarescu fut bien le premier film à avoir donné indice de la pleine santé d’un nouveau territoire. Intuition que 4 mois, 3 semaines, 2 jours, second long métrage et Palme d’or « surprise » de Cristian Mungiu, ne fera que consolider un an plus tard, dans une esthétique certes voisine par sa vivacité proche du documentaire, mais pourtant si distincte.

Car l’enjeu n’est aucunement ici d’établir une tendance esthétique toute roumaine, de résumer le jeune cinéma roumain à la somme des ressemblances entre les films. A l’instar des cinémas français ou coréen, le cinéma roumain ne peut être résumé à un nom, un film, une esthétique (même si, comme le démontre notre Abécédaire, les fonctions se recoupent évidemment par endroits, mais de manière très diffuse, moins concertée que l’on voudrait croire). Demeurent heureusement des écarts, y compris dans l’œuvre d’un même auteur dont les deux beaux films nous semblaient mériter une approche distincte : entre la fiction de la célébration télévisée des seize ans d’une révolution qui n’a peut-être jamais eu lieu (12h08 à l’est de Bucarest) et le suivi de quelques jours de la vie d’un flic en filature, traversant une Roumanie encore convalescente (Policier, adjectif), quelles correspondances ?

Par ce Coin du cinéphile, nous espérons surtout parvenir à partager notre passion pour ces films, dont les sorties encore récentes n’interdisent en rien de mesurer la place dans l’histoire en cours du « cinéma contemporain ». En attendant d’affronter, au cours du premier trimestre 2012, les moiteurs du cinéma argentin…

Bonne lecture, en attendant le Coin du cinéphile du 30 novembre, revenant sur l’œuvre encore méconnue de l’indépendant Hal Hartley, à l’occasion de son passage aux 22e Rencontres cinématographiques de Saint-Denis.


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