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Man of Steel

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Une nouvelle adaptation de « Superman » : un super-héros adulé par le monde entier, modernisé et plus << cool >>, plus sexy et plus sympa. À couper le souffle.

75 ans après la création sur papier de l’homme volant par Jerry Siegel et Joe Shuster, 35 ans après une première adaptation réussie au cinéma – avec Christopher Reeve et Marlon Brando, et une autre ratée en 2006, Superman Returns, c’est le réalisateur Zack Snyder – 300 (2007), Watchmen (2009), Sucker Punch (2011), qui s’y colle. Peu motivé au départ, Zack Snyder a néanmoins procédé par étapes. Cinq mois de préparation, un casting réfléchi et logique pour faire de Superman version 2013 un être intelligent, séduisant, une sorte de modèle issu de l’imaginaire de tous ceux qui l’ont connu enfant, bref, le meilleur des Américains dans un corps parfait. Pour l’épauler, quatre producteurs dont Christopher Nolan – entre autres réalisateur de Batman Begins (2005), The Dark Knight (2008) et The Dark Night Rises (2012). C’est d’ailleurs l’une des belles surprises de Man of Steel, des touches frappantes de perfection comme dans Batman. Oubliée la partie sombre du super-héros, ce Superman n’est que lumineux, joyeux et courageux.

C’est la sortie attendue. Aux États-Unis, tout le monde ne parle que de ce film. Et le résultat est là, un carton en salles dès le premier week-end de lancement avec plus de 117 millions de recettes. Le film a coûté 225 millions de dollars ! Ce succès va sans doute dépasser les frontières américaines. Pourquoi ? Parce que Superman, c’est le super-héros favori de toutes les nations, l’image de l’homme parfait auquel tous les petits garçons s’identifient. Avec admiration et symbole, tout le monde s’est attaché à sa cause et à sa lutte, presque tout le monde connaît son histoire – un bébé envoyé sur Terre suite à la destruction de sa planète, Krypton. Pour accomplir le souhait de ses parents extraterrestres, il sera élevé à Smallville par un couple de fermiers et deviendra le défenseur des humains, la passerelle entre sa planète – et ses méchants – et la Terre. Comment, avec un tel scénario déjà bien connu, étudié, sans surprise, le réalisateur Zack Snyder a-t-il décidé de tourner son film ?
 
 


Zack Snyder et Amy Adams © Warner Bros. France

 

Premier atout de Man of Steel, son acteur principal, Henry Cavill, Superman mais surtout super mâle. Aux oubliettes la tenue classique – collant bleu, slip rouge -, l’homme d’acier porte cette fois-ci une combinaison bleue métallisée, robuste et qui laisse apparaître ses gros muscles. Le « S » sur son torse ne signifie d’ailleurs pas « Superman » mais « Espoir » sur la planète Krypton, où tous les habitants y portent malgré quelques variations de couleurs la même tenue. C’est donc le ton annoncé, ce Superman en apparence défie l’ancien, incarné par Christopher Reeve ou Brandon Routh. Il est moderne, beau gosse, résistant. Ses deux pères, Russell Crowe, alias Jor-El et Kevin Costner alias Jonathan Kent, sont aussi performants que Henry Cavill. Exit la performance presque comique de Russell Crowe dans Les Misérables (Tom Hooper, 2013), l’acteur incarne dans Man of Steel un père dévoué, intelligent et philosophe. Au courant de la mort de Krypton, sa planète, il décide du sort de son fils, l’aide par son âme à sauver la Terre des rebelles Kryptionniens et accompagne Superman dans sa mission. De l’autre côté des étoiles, Kevin Costner en fermier du Kansas accompagne son fils adoptif à faire le Bien. Plus important que dans le film de 1978, le père terrien de Superman est ici le modèle de Clark Kent, son référent en matière de bonnes actions.

Cette version du super-héros met au cœur de l’action l’amour. Et pour incarner la déterminée journaliste du Daily Planet Loïs Lane, Zack Snyder a choisi la très belle Amy Adams – Il était une fois (Kevin Lima, 2007), Fighter (David O. Russell, 2011), The Master (Paul Thomas Anderson, 2013). Au même titre que l’acteur anglais Henry Cavill, l’actrice incarne la femme presque parfaite. Elle est courageuse – sans révéler le film, son rôle de touche-à-tout intrépide est essentiel à la narration. Sans elle, pas de solution, pas d’alien repoussé, pas de défi. Ça sera la seule à faire tomber l’homme d’acier, tout du moins dans ses bras. Et pour finir ce casting principal – les personnages sont nombreux dans Man of Steel –, Michael Shannon dans le rôle du méchant. Il joue le Général Zod, emprisonné dans la Zone fantôme de Krypton pour meurtre et trahison. De retour sur Terre suite à la destruction de sa planète, il est le seul ennemi de Superman. Aidé par une équipe de rebelles, sa quête de destruction de la Terre ne fait que commencer…

 

 
Film en 3D, enfin tourné en 2D avec passage en 3D lors de la postproduction, Man of Steel est une belle surprise. Il dure 2h20 et pourtant, les actions s’enchaînant à une allure folle, il ne paraît pas long. Le montage, réalisé avec finesse et talent, permet de séquencer les aventures de Superman avec des flashes-back de son enfance et de ses traumatismes, liés à sa force incroyable. En choisissant un super-héros attachant, séduisant, sympathique, Zack Snyder a fait le choix du grand public. Les fanatiques du comics seront forcément plus déçus : Superman n’a plus sa tenue mythique, n’est pas tout de suite Clark Kent, pigiste au Daily Planet, et n’est plus ce double personnage éperduement amoureux de Loïs Lane. Lex Luthor n’est lui non plus pas du tout présent dans le film. Tous ces détails s’expliquent. Il faut voir ce Man of Steel comme le premier opus d’une série de films sur Superman. Avec ce film, Superman est dépoussiéré des a priori collectifs. Il est le meilleur des Américains mais ne se gêne pas pour s’en moquer. Une séquence avec le chef de l’armée américaine remet ainsi les pendules à l’heure : « -Qui me dit que je peux vous faire confiance, aujourd’hui ? –Je suis le plus américain de tous les aliens. Je ne suis né au Kansas, de parents fermiers », lui répond l’homme d’acier avec humour. Zack Snyder n’a sans doute pas souhaité redorer l’image de la nation – même si toutes les scènes d’action, de destruction et de saccage de New York rappellent évidemment les évènement du 11 septembre et la douleur collective du peuple américain – la narration se voulant plutôt universelle : Superman ne sauve pas seulement les Américains, ce pays n’est que sa porte d’entrée pour sauver la planète et vaincre le Mal.

Tourné entre Vancouver et Los Angeles, Man of Steel remet au goût du jour le super-héros le plus connu de l’histoire des super-héros. Avec de l’aventure, de l’amour et de la tragédie, Zack Snyder rend son personnage attachant et crédible. Reste à savoir si l’Américain modèle plaira au public français. Cape ou pas cape ?

Titre original : Man of Steel

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Durée : 140 mn


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