Walter ‘Wally’ Spada (Maurizio Merli), ancien flic devenu détective privé, doit retrouver la fille d’un riche banquier. Une mission des plus faciles puisqu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il retrouve la piste de la disparue. Mais, en réalité, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg : une sordide affaire de mœurs et de meurtres. Magnum Cop (Spada), ne fait pas dans la dentelle, dans le prégénerique, il zigouille, sourire en coin les kidnappeurs d’une enfant, devant ses yeux. Une fois les présentations faites, c’est avec la même légèreté qu’il envoie bouler ses anciens collègues venus pour le coffrer, il va ensuite jouer des poings et multiplier les invectives pour mener à bien sa mission initiale. Sa philosophie de justicier, ses méthodes, Spada les tient du grand écran. Il a tout vu, dit-il. De Marlow à Belmondo (Peur sur la ville) dont les affiches décorent les murs de son appartement. D’ailleurs, il y a du Bébel dans la dégaine de Maurizio Merli; athlétique, le sourire conquérant, les répliques qui font mouche. Du Tom Selleck, (Magnum) pour les atouts charme : grand, teint halé, moustachu. Sa singularité, en bon italien qui joue dans la cour de récré du cinéma d’explotation, il peut multiplier les vannes les plus grosses ou les plus salaces en toute impunité. Nous sommes à la fin des années soixante-dix, le néo-polar italien a presque usé toutes ses cartouches, et, comme tous les genres cinématographiques il s’auto-parodie pour survivre. Dans la première partie du film, qui se passe en Italie, les aventures de Spada prennent le même chemin bouffonesque de la série des Nico Giraldi (Tomás Milián).

Mais une fois que l’enquête prend ses quartiers à Vienne, ce n’est plus la même musique. Car, si Spada ne perd pas son penchant pour la provocation, l’atmosphère autrichienne efface peu à peu son sourire. La disparation d’une jeune adolescente, un réseau de prostitution d’envergure, le privé va alors risquer sa vie pour en sauver d’autres, pas pour de simples billets. Brutal et réussi changement de registre, de la comèdie-policière on passe au polar sombre et vénéneux. Dans le sillon de l’excellent Mort suspecte d’une mineure (Sergio Martino, 1975). Maurizio Merli est pleinement à son aise dans les deux univers. A ses côtés, Gastone Moschin ( Milan Calibre 9) est, comme toujours, parfait dans le rôle d’un privé classe, très au point sur les nouvelles techniques, et pourtant si naïf. Joan Collins en femme fatale prête à tout pour ne plus avoir à se déshabiller pour gagner sa vie, se livre à deux séances d’effeuillage, dont la deuxième un brin perverse à de quoi justifier les chaudes promesses faites au public lors de la promotion du film. Fidèle à l’esprit du Poliziottesco, dans une société où l’argent, la corruption et le vice n’ont plus de limites, tous les moyens sont bons pour faire le ménage. En spécialiste de la légitime violence, (Un flic voit rouge, Magnum 44 spécial…) Stelvio Massi mène parfaitement son affaire. Une mise en scène nerveuse et sans faille qui n’oublie cependant pas de ménager des moments de répit pour donner un supplément d’ âme à son récit, en s’attachant notamment au sort des victimes Magnum Cop est, à coup sûr, une vraie réussite du genre.
Magnum Cop Sortie Blu-Ray/ DVD chez Artus Films.





