Les Inséparables

Article écrit par

Le premier long métrage de Christine Dory peint les souffrances et les dépendances de l’être humain. Un des derniers films de Guillaume Depardieu.

À n’en pas douter il y a de la magie dans le cinéma. Les corps jamais ne vieillissent ni ne s’enlaidissent, les voix ne tremblent que par la volonté de leur propriétaire et surtout, surtout, l’éternité est offerte à ces protagonistes du 7ème art. Les inséparables. Avec Guillaume Depardieu, dans un rôle à son image. Troublant parfois de véracité. Sentiment étrange d’un message d’outre-tombe, d’un dernier clin d’oeil. Mais ne nous y trompons pas. Les inséparables n’est pas un film sur la mort. Il s’agit plutôt d’une oeuvre qui explore les limites de la dépendance (à la drogue, à l’autre…), et qui pousse ses personnages à sortir d’eux-mêmes.

  

Boris (Guillaume Depardieu) et Sandra (Marie Vialle) tombent sous le charme l’un de l’autre dès la première seconde. Un coup de foudre lourd de conséquences, un coup de coeur inattendu qui conduira ces deux êtres dans leurs plus profonds retranchements. Boris est accro à toutes sortes de drogues ; Sandra est accro à Boris. Chacun vit sa dépendance à sa façon, essaye de s’en défaire mais finalement y revient toujours. Ils vivent isolés du monde, parce que le monde, les autres, ne peuvent comprendre. Ces deux-là apprennent par les coups du sort. La vie ne leur fait aucun cadeau et pourtant, ils décident qu’ensemble, ils seront mieux que séparément. En tous les cas pour un temps. Car chacun est de passage : dans la vie de l’autre, sur terre… Boris et Sandra sont éphémères. Ils ne sont que des ombres en quête de consistance.

Christine Dory, dont c’est le premier long métrage, met en image une histoire plus complexe qu’il n’y paraît. Elle brosse le portrait de personnages dont les tourments sont accentués par l’environnement : filmés dans des décors réalistes, leurs souffrances n’en deviennent que plus intenses. Ces destins fictifs, placés dans une sorte de banalité du quotidien, résonnent comme une métaphore du monde contemporain. Un film qui joue avec les sous-entendus, avec les non-dits ; Les inséparables, en d’autres temps, aurait pu être un documentaire…

Titre original : Les Inséparables

Réalisateur :

Acteurs : ,

Année :

Genre :


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

WESTFIELD STORIES SAISON 2

WESTFIELD STORIES SAISON 2

Interview de Nathalie PAJOT, Directrice Marketing France d’Unibail-Rodamco-Westfiel. Elle nous présente la deuxième édition du Festival de courts-métrages Westfield Stories auquel est associé Kourtrajmé, le collectif de jeunes cinéastes crée par Ladj Ly.

Cycle Mani Kaul, cinéaste féministe de l’errance et du voyage intérieur

Cycle Mani Kaul, cinéaste féministe de l’errance et du voyage intérieur

Le cinéma de Mani Kaul dépeint subtilement la manière dont la société indienne traite ses femmes. On peut qualifier ses films d’art et essai tant ils se démarquent de la production commerciale et sont novateurs par leur forme originale. Avec une âpreté et une acuité douloureuses, le réalisateur hindi décline le thème récurrent de la femme indienne délaissée qui subit le joug du patriarcat avec un stoïcisme défiant les lois de la nature humaine. Un mini-cycle à découvrir de toute urgence en salles en versions restaurées 4K.

Le chant des vivants

Le chant des vivants

Quitter son pays, essuyer les coups, traverser la mer… Mais si le pire était à venir ? Survivre n’est pas un tout. Cécile Allegra propose à de jeunes exilés de penser l’après, par l’art-thérapie. Le chant des vivants est une douloureuse mélodie de laquelle advient une merveille cinématographique.