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Le monde est à toi

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Lol

François a un rêve atypique : être le distributeur de Mister Freeze au Maghreb. Mais François n’est pas aidé. Entre sa mère, arnaqueuse professionnelle qui a dépensé l’argent mis de côté pour le projet, son ex beau-père, ancien taulard, sans compter tout ceux qui ne croient pas en ses velléités de business honnêtes…la sortie de l’auberge est plus que compromise. Pour récupérer la somme qui lui permettrait de concrétiser son rêve de glace au soleil / pavillon résidentiel avec piscine, François n’aura d’autre choix que d’accepter ce à quoi il voulait définitivement tourner le dos. A savoir seconder un caïd débile de cité dans sa revente de cannabis à des dealers anglais en goguette sur la côte espagnole.

Romain Gavras a fait sensation à la dernière Quinzaine des réalisateurs avec cette comédie, quand même un peu générationnelle même s’il y en a pour tous les goûts. De Sardou à Balavoine, de Philippe Katrine à Booba, premier et second degré tout ensemble, le réalisateur brasse large – ou fait petit malin, c’est selon, puisque mélanger branché et ringard n’a jamais été aussi…branché. Gavras joue encore un peu la provoc’, une espèce de nonchalance de mec doué, qui ne fonctionne ici qu’une fois sur trois.

Les sous-doués en vacances

Si les références à Scarface (Brian de Palma, 1983) sont devenues lassantes – euphémisme – depuis maintenant un bon bout de temps – façon de s’acheter une street cred’ – Le monde est à toi a le bon goût de ne pas tomber dans ce travers. La folie des grandeurs de l’anti-héros de Brian de Palma est ici un simple vertige de mi-hauteur tant le trafic de drogue et autre pseudo prise d’otage sont à échelle de vrais Pieds Nickelés du gangsterisme. Et c’est cette lose sur fond d’Aqualand et de locations meublées en bord de mer qui amuse ; on est pas en Amérique et on ne cherche pas à nous faire croire le contraire. François tient plus d’un Droopy victimisé, sous-estimé, qui s’avérera bien plus pervers que ce qu’il laissait présager. Des personnages hauts en couleurs, une situation qui a tout pour partir en cacahuète, une imagerie pop très dans l’air du temps, l’assemblage vaudrait emballage et pourtant la mécanique a des ratés, nous empêchant de rire franchement.

Humour de surface

Quelque chose coince, comme si le film était tout entier une façade. Comme si Gavras s’était contenté d’aligner les choses qui « font ». Qui font drôle, qui font insolent, qui font sujets de société, en les posant là à l’état brut. Ainsi la seule présence d’Isabelle Adjani dans la peau d’une pickpocket mi cagole mi Norma Desmond suffit à susciter le rire. Rire qui tient d’ailleurs le plus souvent du « lol » – Isabelle Adjani en burkini, mdr. Le running gag le plus réussi reste celui de Vincent Cassel en nouveau converti aux théories du complot, qui voit des Illuminatis partout. Pour le reste ce sont en majorité des clichés, à l’image de Lamya, la michto en quête de considération.

Le monde est à toi dénote certes dans la production habituelle mais ne fait pas pour autant toujours mouche, la faute peut-être à une écriture trop superficielle. Ou à l’âge de la rédactrice…

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Durée : 101 mn


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