John Rabe, le juste de Nankin

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« John Rabe » navigue sans cesse entre le drame, le film de guerre, historique ou la mini-biographie. Un pot-pourri perdant très vite beaucoup de son charme.

La toute puissance nazie irradie la Chine en 1937, à l’image de l’homme d’affaires allemand John Rabe, qui règne sur Siemens dans l’Empire du milieu. Mais c’est pour mieux contraster quelques scènes plus tard avec sa chute, lors des attaques de l’armée impériale japonaise sur Nanjing (Nankin). La multiplicité des genres abordés par John Rabe, le juste de Nankin – tout à la fois film de guerre, film historique, drame et mini-biopic – fait la force de ce second long-métrage de l’Allemand Florian Gallenberger, mais aussi sa faiblesse. A vouloir toucher à tout, aucun des genres n’est vraiment abouti et le film tombe, par voie de fait, sous le coup du pot pourri : c’est trop, ou pas assez. Alors que le réalisateur s’attache aux précisions historiques, il verse aussi dans la romance, voire le mélo, ce qui jure avec le reste de l’œuvre, bien que certaines scènes fonctionnent parfaitement. Voir des dizaines de chinois faire le salut nazi a par exemple quelque chose de fou, comme si était littéralement déplacée l’Histoire. On peut alors se prendre au jeu.

 
 
Le film a reçu 4 récompenses lors des « German Films Awards », dont celle du meilleur acteur pour Ulrich Tukur, qui incarne ledit « Juste de Rankin ». Un complément de titre qui d’ores et déjà indique ce vers quoi tend ce long-métrage : avant tout un hommage à cet homme courageux qui s’est élevé contre les japonais oppresseurs. Ni le véritable rôle de John Rabe, ni sa personnalité, ne sont ici discutés. Averti, on ne s’étonnera pas, ainsi, de la représentation cruelle, limite caricaturale, faite des japonais. Limite caricaturale mais cherchant pourtant bien à retracer l’histoire, puisque l’Armée Impériale japonaise a bien massacré le peuple de Nankin, persécutant les diplomates à l’origine de la zone de sécurité créée pour sauver les civils.

Si Ulrich Tukur, habitué des films historiques, se distingue, se remarquent également quelques seconds rôles plaisants, dédramatisant et / ou densifient le propos, tels que Daniel Brühl en diplomate juif allemand, Steve Buscemi en docteur américain viscéralement anti-nazi ou Anne Consigny en directrice de l’université de jeunes filles de Nankin. Bien qu’il soit difficile de nier les écueils du bon sentimentalisme dans lequel s’enlise parfois ce long-métrage manquant globalement de surprises, ressemblant à nombre du genre, rien n’empêche malgré tout de se laisser embarquer par moments, en tant que simple spectateur d’une fresque romancée.
 

Titre original : City of War: The Story of John Rabe

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Durée : 125 mn


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