Select Page

Festival Extrême Cinéma à Toulouse

Article écrit par

Le festival Extrême Cinéma se tiendra à Toulouse, du 30 novembre au 4 décembre. << Inferno >> est le thème retenu cette année, cerise sur le gâteau du douzième anniversaire de cet << enfant terrible >> de la cinémathèque.

L’enfer, c’est bien connu, est pavé de bonnes intentions : tous les ans, « Extrême Cinéma » a la lumineuse idée de s’ouvrir à un cinéma de la marge, sans se borner à l’étiqueter, le classer ou le ranger dans une case (par nationalité ou par genre par exemple).

Cinéma bis, série B ? Qu’importe : ces catégories sont obsolètes pour décrire l’éclectisme de l’ensemble de la programmation. Il s’agit plutôt d’en repousser les limites, de transgresser les normes (esthétiques, narratives…), de mélanger les genres et les cinéastes pour se glisser dans la part d’ombre vers laquelle s’aventure parfois le cinéma. Ce projet indiscipliné comporte l’avantage d’instaurer un dialogue entre quelques sales gosses turbulents et mal élevés du cinéma, dans une cour de récré souvent dévolue aux sages et classiques têtes blondes du septième art ; les cancres tirent les cheveux des premiers de la classe, le temps de quelques jours. Place, donc, à de très vilains films. Au programme : l’enfer, parfois ténébreux, souvent torride, qui entraîne avec lui son diabolique cortège de corps possédés, de péchés divers et variés, de punitions et de châtiments, d’éruptions gores.

Les portes de l’enfer se sont ouvertes ce mardi 30 novembre, avec un ciné-concert, The Call of Cthulhu, d’après l’écrivain fantastique H. P. Lovecraft, accompagné par les riffs métals du groupe Jenx. On pourra, pour le reste de la semaine, prendre Rendez-vous avec la peur / La Nuit du démon (Jacques Tourneur, 1957) grimper sur L’Echelle de Jacob (Adrian Lyne, 1990) qui mène à la folie et au souvenir traumatique de la guerre du Vietnam, suivre la démoniaque grossesse de Rosemary’s Baby de Roman Polanski, se faire embarquer dans un road movie trash, Perdita Durango (Alex de la Iglesia, 1997) avec, entre autres, Javier Bardem et James Gandolfini, s’offrir une descente aux enfers avec un Bad lieutenant corrompu jusqu’à la moelle (Abel Ferrara, 1992).

Deux soirées sont prévues en compagnie du réalisateur d’horreur new-yorkais Frank Henenlotter. Il viendra présenter un documentaire qu’il a réalisé sur Herschell Gordon Lewis (Herschell Gordon Lewis : The godfather of gore), lui-même considéré comme le papa du cinéma gore (Blood Feast ou « orgie sanglante » date de 1963). Frank Henenlotter dévoilera également au public son dernier film, Sex Addict (Bad Biology). Hommage sera aussi rendu à Lucio Fulci, réalisateur italien de giallo dans les années 70, puis de films de zombies emprunts de surréalisme. Invitée par les organisateurs, son actrice fétiche Catriona MacColl nous guidera vers L’Au-delà et La Maison du cimetière (1981 tous deux).

Difficile de tout évoquer (25 séances sont programmées), mais ajoutons tout de même quelques mots sur Holocaust 2000 d’Alberto de Martino (1977), film « apocalyptico-écolo » qui comporte un Kirk Douglas impliqué dans le thermonucléaire, un Antéchrist, des symboles mystérieux, une fin du monde (prévue pour bientôt) et un Ennio Morricone aux commandes de la bande originale.

« Extrême cinéma » crée aussi l’effroyable occasion de revoir cette semaine le seau de sang se déverser sur Carrie au bal du diable (Brian de Palma, 1976). Perfect Blue, de Satoshi Kon, mort cet été à l’âge de 47 ans, sera également projeté. La Nuit Portnawak clôturera le festival samedi soir, à partir de 22 heures. Trois longs métrages sont programmés, des bandes-annonces, un film surprise, des courts métrages, des invités, et aussi des croissants sûrement mérités au terme de ce voyage de cinq jours au bout de l’enfer.

Le programme complet est disponible sur le site de la Cinémathèque de Toulouse, agrémenté d’un résumé pimenté pour chaque film.


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Rashômon

Rashômon

« Rashômon » ressort en salles dans une nouvelle version restaurée. Par ses écarts angulaires à 180°et sa flamboyance assumée, l’œuvre non-conformiste se revendique de l’esthétique du muet et multiplie les perspectives pour sonder la vérité psychologique de ses protagonistes confrontés à leurs contradictions. Film-événement.

La Terrasse

La Terrasse

« La terrasse » est une œuvre à la charnière de deux époques qui vient sonner le glas de la comédie à l’italienne. La satire grinçante livre sans concession un portrait en demi-teinte et au vitriol de la crise existentielle de cinq quinquagénaires vieillissants qui évoluent dans une sphère intellectuelle de gauche sclérosée. Les scénaristes de légende Age et Scarpelli prennent ici le pouls d’une société italienne malade de son conformisme.

Le Soldatesse (des filles pour l’armée)

Le Soldatesse (des filles pour l’armée)

« Le Soldatesse » porte un regard féministe existentialiste sur ces femmes en déshérence, butin de guerre, enrôlées de force afin d’approvisionner les bordels militaires de campagne lors de l’invasion hellénique par les troupes d’occupation italiennes expédiées en 1941 sur une rodomontade du Duce. Illustrant une page sombre de l’occupation italienne, ce road-movie sur fond de guerre chaotique fut ignoré à sa sortie pour le défaitisme et le fiasco militaire qu’il traduisait par son naturalisme. Décryptage.