Désobéissance

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Il ne suffit pas de désobéir.

Désobéissance est un film plein de promesses, le genre de film que la bande annonce ou le résumé desservent totalement parce qu’ils tuent dans l’oeuf la lenteur très réussie avec laquelle il amenait son spectateur au fait. Un film qui repose pourtant essentiellement sur cette lenteur de la découverte. Le film s’ouvre sur le discours d’un rabbin qui planera sur tout le film situant l’homme entre les anges et les bêtes, devant faire le choix de s’élever ou de s’abaisser.

Perruques et faux semblants

Une seule question nous taraude toute la première partie du film, comment un film a si gros budget a pu attifer Rachel Mc Adams d’une perruque aussi peu convaincante? On ne voit que ça et aucun doute n’est permis. C’est pourquoi lorsque Asti (Rachel Mc Adams) retire sa perruque, on se demande vraiment bien pourquoi elle la portait. Contrairement à la kippa qui marque juste la croyance ou le voile, la perruque a ceci de particulier qu’elle change vraiment le visage de celui qui la porte, elle est plus proche du déguisement que de la dissimulation des cheveux. On se rend compte alors que toutes les femmes de la communauté sont coiffées des mêmes perruques lisses, carrées et maronasses. Dès lors on est saisis par une étrange sensation de clonage, et de gens interchangeables. Cela ne s’arrête pas à la perruque, les manières, les vêtements, sont eux aussi drôlement semblables. C’est pourquoi les scènes de déshabillage sont extrêmement fortes, comme si les personnages changeant de costumes devenaient littéralement d’autres personnages. Passant de la tenue tenue extrêmement stricte qui multiplie les couches, à la brute nudité, d’ange à bête en un clin d’oeil.

Epoque 0

Désobéissance semble s’abstraire de toute époque, en mettant en scène le rituel religieux qui traverse tout le film, il nous plonge dans une sorte de temps éternel, la modernité dans laquelle s’ancre pourtant l’histoire est évoquée très rapidement, on a finalement l’impression que le film est comme un long shabbat sans électronique. C’est pourquoi Ronit ressemble tant à une extra terrestre lorsqu’elle débarque de New York avec son look, sa chevelure, et ses idées. Comme si on branchait une époque sur une autre.

Fausse transgression 



La scène de sexe homosexuelle — qui se veut comme une grande désobéissance au vu du ton global du film — est extrêmement décevante et méthodique, alors qu’elle se voudrait un élan libérateur, fougueux et en rupture totale avec ce qui la précède, elle est dans la continuité, filmée comme un rituel. Une suite de pratiques, crues, dans lesquelles on ne voit pas la passion de l’amour mais seulement la volonté de choquer en jouant sur un contraste grossier entre l’ultra conservatisme et le voyeurisme. L’idée de filmer le sexe comme le rituel religieux aurait d’ailleurs été intéressant, mais est ici trop peu assumé pour que l’on sente qu’il s’agit là d’un choix du réalisateur. Décevant.

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Durée : 114 mn


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