Clermont-Ferrand : Jour 6

Article écrit par

Grande surprise de la semaine dans une brasserie qui fait l’angle d’une petite ruelle clermontoise.

Dans les Alpes, une jeune fille isolée, Vanina, bavarde régulièrement sur internet avec sa copine Eloïse. Les mecs, les vacances… Mais surtout les mecs. Vanina invite un garçon plus vieux, ils n’ont rien à se dire, elle chatte à côté de lui, il disparaît après quelques minutes. Elle chatte, encore. On sonne, c’est la baby-sitter, Mary Jane. Vanina est agacée. Mais l’irritation laisse place au désir, Mary Jane lave les vitres, Vanina contemple ses jambes. Vanina s’exhibe, Mary Jane la taquine. Mary Jane pleure, Mary Jane sort en compagnie de Vanina, Mary Jane vole, Vanina approuve, Mary Jane embrasse, Mary Jane, Mary Jane.

Si l’ensemble paraît un peu convenu, Snow Canon (2011) de Mati Diop séduit surtout par l’habile tapis du désir qu’il déroule progressivement. De l’ordinateur au regard jusqu’au corps, et entrecoupées de plans de nature joliment laids, éloignés de la carte postale, les envies de Vanina traversent l’écran. Peu à peu, Mary Jane possède la salle entière, Vanina, les bijoux du chalet, nous. Elle remplit progressivement le cadre, Vanina est toujours là, elle communique sa passion, excuse par son adolescence la simplicité de la narration. À l’image, les évènements s’effacent, seul les corps importent.

Clermont-Ferrand : Jour 5


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

WESTFIELD STORIES SAISON 2

WESTFIELD STORIES SAISON 2

Interview de Nathalie PAJOT, Directrice Marketing France d’Unibail-Rodamco-Westfiel. Elle nous présente la deuxième édition du Festival de courts-métrages Westfield Stories auquel est associé Kourtrajmé, le collectif de jeunes cinéastes crée par Ladj Ly.

Cycle Mani Kaul, cinéaste féministe de l’errance et du voyage intérieur

Cycle Mani Kaul, cinéaste féministe de l’errance et du voyage intérieur

Le cinéma de Mani Kaul dépeint subtilement la manière dont la société indienne traite ses femmes. On peut qualifier ses films d’art et essai tant ils se démarquent de la production commerciale et sont novateurs par leur forme originale. Avec une âpreté et une acuité douloureuses, le réalisateur hindi décline le thème récurrent de la femme indienne délaissée qui subit le joug du patriarcat avec un stoïcisme défiant les lois de la nature humaine. Un mini-cycle à découvrir de toute urgence en salles en versions restaurées 4K.

Le chant des vivants

Le chant des vivants

Quitter son pays, essuyer les coups, traverser la mer… Mais si le pire était à venir ? Survivre n’est pas un tout. Cécile Allegra propose à de jeunes exilés de penser l’après, par l’art-thérapie. Le chant des vivants est une douloureuse mélodie de laquelle advient une merveille cinématographique.