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Bioscope, Festival néerlandais

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C´est par une soirée froide, dans le quartier d´apparence calme de << l´Entrepôt >>, chaleureux et vivant, que la comédienne de renommée internationale, Johanna ter Steege, a ouvert la deuxième édition du festival néerlandais à Paris du 3 à 23 mars 2010, Bioscope.

Johanna ter Steege, qualifiée par Stanley Kubrick de « meilleure comédienne au monde », a souvent collaboré avec des réalisateurs français, dont Philippe Garrel, dans J’entends plus la guitare (1991), La Naissance de l’amour (1993) et Le Cœur fantôme (1996). Le festival projette deux métrages néerlandais de sa filmographie : son tout premier rôle dans Spoorloos (L’homme qui voulait savoir, 1988) de George Sluizeret et son dernier film Last Conversation (2009) de Noud Heerkens. Dans celui-ci, elle joue seule, au volant de sa voiture durant soixante-quinze minutes, une performance.
 
 
Johanna ter Steege
Johanna ter Steege a souligné que le cinéma néerlandais a énormément changé ces dernières années – il est beaucoup plus varié, plus ambitieux, et attire de plus en plus de public dans les salles. Ce festival met en avant huit films hollandais qui ont eu du succès et ont fait l’objet de sélections lors de festivals internationaux (The Player de John Appel, 2009 primé au Festival international du Film documentaire d’Amsterdam, Joy de Mijke de Jong, 2010 sélectionné au Festival de Berlin), il a pour objectif de favoriser la rencontre de cette cinématographie encore assez inconnue et pourtant fort originale pour un public et des distributeurs français.

Le soir de l’ouverture, les spectateurs ont découvert De Storm (La tempête, 2009) de Ben Sombogaart. C’est l’histoire du destin tragique d’une mère célibataire durant une inondation catastrophique qui a emporté près de 2000 vies en 1953, dans la province de Zéland, au sud-ouest des Pays-Bas. C’est la toute première adaptation au cinéma de cet événement tragique. Le film était programmé par les organisateurs du festival avant le passage de la tempête Xynthia dans l’ouest de la France et c’est aux victimes de cette catastrophe que la projection a été dédiée.
 

De Storm de Ben Sombogaart, 2009
Après la diffusion du film, les deux scénaristes de De Storm, Rik Launspach et Marjolein Beumer, ont été accueillis dans une salle pleine aussi pleine à craquer que chaleureuse. Ces derniers sont revenus sur l’histoire de la Zélande, sur la rudesse des habitants, des protestants orthodoxes, où une mère célibataire est rejetée. Ils se sont également attardés sur le désastre qui a eu lieu là-bas, la nuit du samedi 31 janvier au dimanche 1er février 1953. Cette catastrophe naturelle, la plus grande de l’après-guerre aux Pays-Bas, a laissé des milliers de personnes coupées du monde et sans aucune aide jusqu’au lundi suivant. Selon les deux scénaristes, la tempête a mis en évidence une accumulation d’erreurs commises par le gouvernement néerlandais. Celui-ci n’était pas pressé de remettre en état les digues qui, pourtant étaient déjà très abîmées après la deuxième guerre mondiale. La situation ressemble étrangement à celle de la France.

La discussion conviviale entre les spectateurs et les scénaristes s’est poursuivie dans le sympathique bar de « l’Entrepôt ». Autour d’un verre en compagnie de la marraine du festival, on pouvait échanger ses goûts cinématographiques avec Rik Launspach et Marjolein Beumer, puis songer à la découverte du cinéma néerlandais…
 

 
Les scénaristes de De Storm, Marjolein Beumer et Rik Launspach
 
 


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