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Billy Wilder

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Il était temps de nous consacrer au plus complet des réalisateurs de l´âge d´or hollywoodien.

Un excellent documentaire de Michel Ciment consacré à Billy Wilder s’intitulait Un homme à 60% parfait. Et un cinéaste à 100% parfait serait-on tenté d’ajouter tant le registre de Wilder semble complet. Capable d’amener causticité dans le drame le plus sérieux (Sunset Boulevard, Assurance sur la mort) ou sensibilité à fleur de peau dans la comédie la plus enlevée (Ariane, Embrasse-moi idiot et quelques autres), Wilder se nourrissait d’un passé aussi superficiel (toute sa période de journaliste viennois) que douloureux (la terrible perte de sa famille dans les camps de la mort) mais toujours enrichissant. Des années d’apprentissage qui se poursuivirent à Hollywood où scénariste, il écrivit pour les plus grands (notamment son mentor Lubitsch) avant de franchir le pas à son tour.

Ces différentes expériences de la vie auront appris à Wilder à relativiser, une pointe de dérision se disputant toujours aux larmes dans ses réussites les plus éclatantes. Sous l’approche nonchalante et le second degré, Wilder est le symbole absolu de la puissance du récit dans le cinéma classique hollywoodien. Lorsqu’on lui demandait les ingrédients pour un film réussi, ne répondait-il pas : « une histoire, une histoire et encore une histoire » ! Non pas que l’aspect visuel ne l’intéresse pas (les belles réussites plastiques comme La Vie privée de Sherlock Holmes sont là pour en témoigner), mais il doit servir ce qui est raconté et non l’inverse. Un credo poursuivi durant toute la longue carrière de celui qui fut l’auteur de quasiment tous ses scénarios. Une carrière prématurément interrompue d’ailleurs puisque vingt ans séparent Buddy Buddy, ultime réalisation de Wilder en 1982, de sa disparition en 2002 alors qu’il avait certainement encore des choses à dire, le beau Fedora (sorte de réponse tardive et amère à Sunset Boulevard) en étant une preuve éclatante.

Pour ce Coin du cinéphile, le romantisme teinté de gravité de Wilder illuminera La Garçonnière, Avanti et Ariane. Le réalisateur se montrera sous son jour le plus dur avec les ténébreux et cyniques Assurance sur la mort et Le Gouffre aux chimères. Politique et humour ravageur se croiseront également dans le cathartique La Scandaleuse de Berlin et le survolté Un, deux, trois. Enfin la preuve que, même mutilé, un chef-d’œuvre demeure un chef-d’œuvre avec La Vie privée de Sherlock Holmes. Pas d’inquiétude, Certains l’aiment chaud et autre Sept ans de réflexion n’ont pas été oubliés mais ont tout simplement déjà eu l’honneur d’être traités lors de précédents thémas.

Bonne lecture avant un passionnant prochain Coin du cinéphile consacrée à la Nouvelle Vague anglaise !

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