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Alice au pays des merveilles

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Le très attendu Alice au pays des merveilles de Tim Burton surprend par son adaptation d´un classique de la littérature enfantine. Entre aventures imaginaires et imagination inventée, les spectateurs se risquent à passer de l´autre côté de la toile…

Alice, la vingtaine, plonge dans le pays des merveilles qu’elle avait connu petite. Guidée par un lapin blanc rondelet, pressé et loin d’être aimable, la jolie blonde aux cheveux d’or s’embarque dans une course contre la montre – et contre la Reine Rouge. Interprétée par la fabuleuse Helena Bonham Carter, cette dernière, outrageusement déformée au niveau de la tête, a détrônée sa sœur la Reine Blanche par la force et la violence. C’est en combattant son armée de cartes, aidée du chapelier fou, de Tweedledee et son frère jumeau Tweedledum, du chat invisible et d’un Loir qu’Alice affronte un terrible monstre – le Jabberwocky – à faire pâlir nos petits frères et sœurs.

 

 

Une dichotomie habituelle

Alice au pays des merveilles joue la carte double face. A la fois drôle et surprenant côté images, le scénario signé Disney manque de relief – et cela, malgré la 3D. Attaché au livre tout en laissant de côté la critique version 19ème siècle du monde tel qu’il nous entourait, l’histoire racontée par Tim Burton est loin d’être surprenante.

Pourtant, rien n’est laissé au hasard. Johnny Depp, parfait dans son costume mi-clown mi-fou, incarne un chapelier gentil quoiqu’effrayant. Mia Wasikowska, Alice jusqu’aux pointes de cheveux, oscille entre candeur et force, maturité et innocence. Dans l’esprit de Burton, cette jeune femme se transforme en Jeanne d’Arc, prête à bondir. Petit bémol dans le casting, la Reine Blanche, incarnée par Anne Hathaway, gothique sans trop l’être, difficilement crédible dans ce film.


Tim Burton, de l’autre côté du miroir ?

Septième collaboration entre Tim Burton et Johnny Depp, Alice au pays des merveilles signe une fois encore la mise en scène de l’imaginaire du réalisateur, entre les mains de son acteur chouchou. Ou parfois, entre les ciseaux de l’acteur, littéralement tombé amoureux du travail de Tim Burton depuis Edward aux mains d’argent (1991). Le réalisateur, après les succès de Pee-Wee Big Adventure (1985) et de Beetle Juice, a la côte auprès des petits comme des grands, véritable enchanteur par l’image et séducteur par les effets.

Mais depuis quelques années, on se demande si Tim Burton n’a pas été aseptisé par le marketing américain. L’Etrange Noël de Monsieur Jack, Charlie et la Chocolaterie et maintenant Alice au pays des merveilles sont à chaque sortie annoncés comme des succès au box-office, avec des campagnes publicitaires qui dépassent le réel : spots multi-diffusés, omniprésence dans les médias, jeux concours, cartes postales en 3D, jeux vidéos programmés au moment du film, bref, un package médiatique et publicitaire poussant à voir ce film. Plus étonnant encore, Wonderland est un Disneyland version monde de Narnia, avec un château de princesse et des couleurs mixées sans fin. S’ajoute à ce décor déjà vu une bande son de mauvais goût, similaire à celle d’un teen movie raté.

 

Au fond du trou, un divertissement de premier degré

Au-delà du manque d’originalité du scénario, le film séduit par son aventure fantastique, ses effets en trois dimensions et l’excellent jeu des acteurs. Bien sûr, les fans inconditionnels de Tim Burton seront déçus, pas de gothique et d’étrange à l’horizon, une histoire somme toute commune, la gentille reine contre la méchante – quoi que loin d’être terrifiante.

 

Aller voir Alice au pays des merveilles, c’est se laisser porter par une aventure que l’on connaît, qui nous rassure et qui se termine bien. Le casting réussi, on se laisse vite entraîner par les acteurs et l’univers sous terre d’Underland. Sans livrer la conclusion du film, on note une véritable touche d’humour, critique de notre société de consommation. De plus, comment résister au fabuleux regard du Chapelier, à nous rendre tous fous. Certains détails du film amenuisent le côté paillettes version Disney. A prendre donc à la légère, sans forcément opter pour un regard critique envers le film.

Titre original : Alice in Wonderland

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Durée : 100 mn


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