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30 days of night

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Sur la base d’une idée percutante (des vampires attaquent une bourgade d’Alaska durant un mois entier de nuit), « 30 jours de nuit » investit le champ du cinéma d’horreur polaire, rappelant du coup l’incontournable « The Thing ».

Alaska, de nos jours. Au cœur de l’hiver, les habitants de la paisible ville de Barrow s’apprêtent à passer, comme tous les ans, un mois sans soleil. A la suite d’une série d’évènements étranges, Eben et Stella, les deux shérifs locaux, vont découvrir l’invraisemblable vérité : un gang de vampires a investi la ville pour l’éradiquer de tous ses habitants. Ils vont alors tenter de survivre jusqu’à l’aube.

La figure du vampire fait partie de ces grands mythes inaltérables prompts à déclencher un torrent d’imaginaire chez l’homme. Depuis le roman de Bram Stoker, le vampire a investi tous les domaines artistiques. Le premier fut le cinéma avec Bela Lugosi dans le rôle de l’illustre Dracula, dont l’iconisation traversa les âges pour s’inscrire au panthéon des monstres. Il ne restait plus qu’à la bande dessinée, médium idéal pour renforcer l’impact visuel des supers héros et des abominations lovecraftiennes, d’aborder le thème du vampire et de lui offrir de nouvelles lettres de noblesse. Ce fut chose faite avec la très violente B.D graphique 30 days of night de Steve Niles et Ben Templesmith, matériau à la base du film de David Slade.

Ce dernier fut remarqué il y a deux ans avec son ambigu et immoral Hard Candy, qui narrait la rencontre entre une adolescente et un photographe « bien sous tous rapports ». D’une grande maîtrise formelle, jouant beaucoup sur la palette de couleurs, ce premier film permit à David Slade de porter à l’écran le très graphique 30 days of night.

Le plus gros pari de cette adaptation était de réinventer le genre du film vampirique tout en respectant la B.D. Pari d’autant plus difficile quand on a vu Blade II de Del Toro ou Vampires de Carpenter. Mais Slade connaît ses classiques et, en voulant coller au plus près à la B.D., parvient si ce n’est à révolutionner le genre, du moins à lui insuffler un ton personnel.

Coinçant ses personnages dans une ville isolée du monde, plongée dans une nuit d’un mois à l’instar de The Thing de Carpenter, Slade offre un nouveau terrain de chasse aux vampires. Ses prédateurs ont d’ailleurs droit à un relifting, leur look s’éloignant fortement du style romantique habituel pour une apparence plus urbaine. Après les ersatz à deux sous, les vampires sont à nouveau effrayants. D’autant plus que par la désaturation des couleurs Slade intensifie les attaques de ces créatures de la nuit, le sang irradiant l’image et maculant le paysage enneigé. Les amateurs seront pleinement satisfaits devant les nombreuses scènes gores et jubileront lorsque Slade met en scène des enfants victimes des vampires. Après Rob Zombie et Eli Roth, voilà enfin un autre réalisateur qui n’hésite pas à montrer en gros plan ce que d’autres ne feraient que timidement suggérer.

La seule ombre au tableau serait à mettre au crédit du scénario qui n’arrive jamais à s’écarter d’une structure un peu trop classique. L’histoire suit son cours sans jamais dévier des schémas du genre, ralentissant le rythme du film. Les scènes où les survivants se cachent sentent cruellement le « déjà vu ». Heureusement, chaque apparition des vampires compense ce défaut, et Slade filmera l’ultime combat entre le bien et le mal dans un cadre apocalyptique. Quant à la scène finale, tragiquement romantique, elle fait encore une fois écho au chef d’œuvre de Del Toro.

Malgré cette ombre 30 days of night impressionne par ses qualités esthétiques et son caractère offensif. Les vampires ont encore de belles nuits devant eux.

Titre original : 30 Days of Night

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Durée : 114 mn


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