Vincent et moi

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Documentaire familial, « Vincent et moi » montre les difficultés et la tendresse qui unissent un père et son fils trisomique.

 

« J’ai envie de faire partager ma vie avec mes amis »

Ce film coréalisé est d’abord la description d’un échange magnifique entre un père et son fils. Rien d’original diront les lecteurs pressés, sauf ceux qui prendront le temps de lire que Vincent est un jeune homme trisomique 21 et que c’est pour raconter son histoire et leur combat continuel qu’il a demandé à son père d’en faire un film. « J’ai envie de faire partager ma vie avec mes amis », a-t-il déclaré à son père, Édouard Cuel, réalisateur de documentaires comme La classe de Liliane (1998), Le temps des Chibanis (2006) ou encore Le rêve de Salif (2014). Lorsqu’il parle de ce projet de film sur son fils à Gaël Breton, lui-même acteur, producteur et réalisateur de films comme Une vie normale (2014) et Acuerdate (Souviens-toi, 2008), les dés sont jetés car Gaël Breton trouve « l’idée géniale ». Bien sûr, en voyant ce film, on ne peut que penser au film chilien L’école de la vie de Maite Alberdi, sorti l’année dernière sauf que Vincent et moi raconte surtout une relation à deux, entre un père aimant qui s’est toujours battu pour que son fils, Vincent qui entre maintenant dans l’âge adulte, ait une scolarité et une vie normales. Ce combat fut rude et c’est en partie ce que ce film raconte, non sur un ton geignard ou revendicatif, mais digne et déterminé. Car ce père, qui pleure de fatigue à un moment devant son fils qui le console, a traversé toutes sortes d’épreuves pour aider son fils et en faire un être libre et responsable.


Une aventure humaine

« Édouard a su me convaincre avec son idée de faire un état des lieux de la situation sur cette époque charnière de la vie de son fils, donc j’ai vraiment eu envie de participer à cette aventure humaine. Cette aventure résonne en moi depuis le début comme un devoir mais aussi comme une évidence… » raconte Gaël Breton dans le dossier de presse. Et elle résonnera longtemps chez le spectateur car il y reçoit une belle leçon de vie et d’humanisme. Aucun voyeurisme, aucune concession, le film se donne entièrement sans fioritures ni mise en scène. Les réalisateurs ont fait aussi un film militant, mais pas dans le sens qu’on donne souvent à ce terme, même s’ils ne pratiquent pas la langue de bois et montrent l’institution Éducation nationale sous un jour qui ne lui est pas très favorable notamment à travers le CFA dont dépend Vincent à Paris et qui est spécialisé dans la restauration. Pourtant Vincent fait de son mieux pour apprendre à servir dans un restaurant et obtiendra d’ailleurs un Cdi dans un hôtel Ibis, mais il n’obtiendra pas son CAP.

Un film tendre et émouvant

C’est le point d’acmé du film, et sans doute son moment le plus émouvant, car comment faire comprendre à Vincent qu’il a raté l’examen pour lequel il avait mis tout son cœur ? Il lui reste cependant ce très beau film réalisé avec son père et un ami et qu’on ne saurait trop recommander en ces temps de pessimisme, car il donne la pêche. Un film plein d’espoir et de tendresse car, comme le dit si bien Édouard Cuel : « Vincent voulait tourner ce documentaire, on l’a fait avec lui. Il en est sorti heureux, il en est fier, et c’est ça qui est important, qu’il soit fier de lui. » Espérons que ce film saura donner du courage à ceux qui ont des enfants en grande difficulté et qui luttent souvent désespérément pour leur trouver une place dans les institutions.

affiche vincent et moi

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Durée : 80 mn


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