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Tideland

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Le retour du déjanté Terry Gilliam était tant attendu… Après l´avortement douloureux de The man who killed Don Quixotte, après le trop convenu Frères Grimm, Gilliam devait redevenir Gilliam : un dingue de l´imaginaire, un taré de l´image, un loufoque du scénario ! Hélas, Tideland ne tient pas la moitié de ses promesses. Terry Gilliam, […]

Le retour du déjanté Terry Gilliam était tant attendu… Après l´avortement douloureux de The man who killed Don Quixotte, après le trop convenu Frères Grimm, Gilliam devait redevenir Gilliam : un dingue de l´imaginaire, un taré de l´image, un loufoque du scénario ! Hélas, Tideland ne tient pas la moitié de ses promesses.

Terry Gilliam, à propos de Tideland : « C’est la rencontre de << Alice au pays des merveilles >> et de << Psychose >>. C’est l’histoire d’une enfant qui se construit comme elle peut en dépit d’une grande souffrance. C’est une fable de survie dans des circonstances plutôt étranges. » Le mélange est des plus troublants… et des plus fascinants. Mais si l´hommage rendu à Hitchcock est à la hauteur (l´effrayante maison abandonnée, cette manie taxidermiste des dingues en puissance…), celui rendu à Lewis Carroll est un peu en dessous des espérances. Il y a bien quelques idées par-ci par-là, mais dans l´ensemble, on s´attendait à quelque chose de vraiment fascinant, d´étrangement fantastique.

Et c´est bien dommage car Terry Gilliam semble retrouver un peu de sa forme, même si l´échec de The man who killed Don Quixotte semble l´avoir traumatisé à jamais, le rendant moins fou et plus accessible qu´auparavant. Gilliam a toujours son sens du cadrage et de la composition, certains plans ressemblent d´ailleurs à des tableaux impressionnistes. Mais pour le reste, ce n´est plus vraiment ça : la mise en place de l´action est assez rapide, mais ça traîne, ça traîne…

D´autant que certains éléments nous font vraiment poser des questions. Si on apprécie les délires de Gilliam, certains trouvent ici une imagerie un peu trop malsaine. On en ri bien un peu, mais la nécrophilie et surtout la pédophilie ambiante à certains moments ne sont pas des plus appropriées pour ce récit qui tient de la fable pour enfants.

Le film n´est pourtant pas un échec total. Terry Gilliam est loin d´être mauvais une caméra à la main, mais ici, ce sont surtout les acteurs qui impressionnent, avec en tête la jeune Jodelle Ferland. A elle seule, elle vaut le déplacement : déjà étonnante dans Silent Hill, cette jeune demoiselle d´à peine 12 ans semble être la valeur sûre de demain.

Terry Gilliam à propos de Tideland : « Avec ce film, mon enjeu était de retrouver mon enthousiasme de cinéaste. J’espère que les spectateurs seront surpris, déroutés, séduits et émus. Si nous avons bien travaillé, il y aura des rires, de l’émotion, et peut-être les gens en sortant verront-ils le monde et les autres un peu différemment… » La volonté de bien faire était donc là. Dommage qu´on ne parvienne pas toujours à réaliser quelque chose à la hauteur de ses ambitions…

Titre original : Tideland

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Durée : 117 mn


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