The lost Leonardo

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Passionnante enquête sur le monde de l’art mercantile et avilissant actuel.

La Joconde vs le Salvator Mundi

C’est une véritable saga dans le domaine de l’art que nous raconte ce film documentaire passionnant. En effet, The lost Leonardo est une véritable enquête pour tenter de démêler le vrai du faux dans l’histoire d’un tableau de Léonard de Vinci devenu, du coup et même s’il s’avère être n’être pas de la main du maître, aussi célèbre que sa sœur jumelle, la Joconde qui trône au Louvre. Du reste, son propriétaire actuel aux dernières nouvelles, le prince saoudien Mohammed ben Salmane, a fait le forcing auprès du directeur du musée du Louvre pour que ce tableau Le Salvator Mundi, qu’il acceptait de prêter pour la grande exposition de 2020, se trouve en face de ladite Joconde afin de l’aider à le faire devenir iconique comme elle. Mais cela a été finalement refusé de manière peu claire par la direction du musée parisien.

Batailles d’experts

Mais commençons par le commencement. Redécouvert en 2005 après avoir été acheté pour seulement 1175 dollars à une collection privée de la Nouvelle-Orléans par le chasseur d’œuvres dormantes, Alexander Parish, ce tableau a été restauré par Dianne Modestini qu’on accusa ensuite d’avoir tout simplement changé à sa guise la toile, comme si cela était possible. Les plus grands experts se sont battus au sujet de cette œuvre par le jeu d’expertises et de contre-expertises. Mais, finalement, pour le réalisateur du film, toutes ces querelles au plus niveau du monde de l’art ne font que prouver encore plus la force commerciale et financière de l’art au XXIème siècle. Bradley Hope est un critique d’art qui est le plus acharné et féroce procureur contre la véracité de cette œuvre.

En quelques mois, cette œuvre achetée pour un prix dérisoire passe par le célèbre musée londonien qui le revend beaucoup plus cher à Yves Bouvier. Sans avoir cherché à obtenir l’opinion formelle des experts, la National Gallery a présenté en effet le Salvator Mundi comme un tableau attribué à Leonard de Vinci lors de son exposition à succès en 2011, mettant alors en mouvement un des récits les plus excitants et déroutants de l’histoire de l’Art actuelle. Yves Bouvier parvient à le revendre, après avoir starisé l’œuvre, au richissime prince saoudien 450 millions de dollars en 2017 par Christie’s à New York.

Art, pouvoir ou gros sous ?

A travers cette épopée, le mérite du film est de mettre en valeur l’enquête et de clarifier une situation sans vraiment prendre partie, en nous livrant un film documentaire parfaitement palpitant, parsemé d’entretiens passionnants bien que très largement dramatisés par la musique et la mise en images, qui ne laisse plus aucun doute sur les motivations actuelles des marchands d’art et des collectionneurs. Le réalisateur, Andreas Koefoed, qui a mis trois ans à faire ce film, explique les conséquences de tout ce trafic dans le dossier de presse et il était important qu’on lui laisse le mot de la fin pour mieux le comprendre : « Ce qui me fascine et me désillusionne à la fois est l’art utilisé à des fins de spéculations économiques et comme jeton sur l’échiquier politique. Pour moi, l’Art est une manifestation des sentiments et des expressions humaines empreintes de beauté à travers l’histoire. De mon point de vue, l’Art appartient à l’humanité et au lieu d’être accessible à tous, il se retrouve caché dans des ports francs et utilisé à des fins cyniques et spéculatives. »

 

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Durée : 100 mn


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