The housewife

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Un récit d’émancipation féminine à mi-chemin entre Kiyoshi Kurosawa et Ryusuke Hamaguchi.

Une réalisatrice sous influences

Il n’est pas aisé de se faire une place dans un cinéma nippon où le haut de l’affiche est trusté par les 4K (Kurosawa, Kawase, Kore Eda, Kôji Fukada) et l’étoile du moment Hamaguchi. Surtout lorsque l’on pose ses valises dans une maison aussi explorée que celle de l’intimité familiale.   Neuvième film de Yukiko Mishima, The Housewife ressemble à s’y méprendre à un premier film, dans lequel on a tellement de choses à dire et à prouver que l’articulation laisse parfois à désirer. Comme Kiyoshi Kurosawa, la réalisatrice trouve  dans la frontière entre le réel et l’imaginaire un espace riche de beautés et de troubles; les nocturnes neigeux qui s’invitent à plusieurs reprises témoignent d’une évidente belle maîtrise de l’esthétique onirique. À Hamaguchi, Mishima semble emprunter la prédisposition de ses personnages à se confier sans invitation préalable. Des confessions stimulées par l’exiguïté des lieux,  qui plus est lorsque l’on se laisse conduire en automobile. Le minimalisme du procédé fait toujours son effet lorsque, comme ici, l’émotion ne submerge pas l’acuité des constats. On peut regretter, notamment dans les scènes d’appartement, les effets peu gracieux de la caméra numérique.  Ce n’est pas le mélange des registres qui  peut chagriner mais son systématisme un peu trop apparent dans les premiers temps. Puis, une fois le décor planté, le film se libère progressivement de ses scories, pour se donner pleinement à vivre.

 

Une femme émancipée

« Être une femme libérée tu sais c’est pas si facile » chantait,en France, Cookie Dingler dans les années quatre-vingt. Le refrain est toujours d’actualité dans la société japonaise actuelle. Pour Toko, le mariage est une prison dorée fermement cornaqué par un mari et une belle-maman à cheval sur la répartition des rôles et la sauvegarde des apparences. Des schémas d’une autre ère qui auraient de quoi désespérer notre jeune housewife. En public, Toko doit encaisser les petites phrases assassines, les non-dits  ainsi que les compliments genrés. Mais, il en faudrait bien plus pour étouffer ses désirs de femme. Architecte de formation, la jeune femme va reprendre sa carrière et retrouver son premier amour. Cette trajectoire émancipatrice nous surprend par l’imprévisibilité  naturelle de Toko. Nous touche par son mélange de candeur et de lucidité. Nous convainc par sa simplicité. C’est lorsque le film se met au diapason de son héroïne qu’il réussit à exister pleinement. Et étonne même par l’expression d’une sexualité  sans tabou lorsque Mishima  aborde l’école de la chair. C’est surement dans l’approche des désirs féminins que la réalisatrice trouve toute sa singularité et attend d’être suivie.

 

 

Titre original : RED

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Durée : 123 mn


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