Tellement proches

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Trop artificielle pour être vraiment proche de nous, la dernière comédie de Toledano et Nakache reste dans la mémoire pour quelques dialogues percutants.

La famille est un inépuisable vivier de situations cocasses et surréalistes et nombreuses sont les comédies cherchant à en extraire la substantifique moelle. Quelle meilleure catharsis en effet que de rire en chœur des tensions classiques d’une réunion de famille – et de jouer à qui implose le plus fort –, de se délecter des non-dits qui narguent. À cet égard, l’entreprise de Tellement proches, la dernière comédie de Éric Toledano et Olivier Nakache (Nos jours heureux, Je préfère qu’on reste amis…), est louable. Pour autant – sans compter le titre sans grande originalité –, l’essai n’est pas vraiment transformé.

Le film suit le parcours du combattant d’Alain (Vincent Elbaz), marié à Nathalie (Isabelle Carré), qui, à l’aune d’une énième soirée chez sa belle-famille, sent sa patience fléchir. Le trentenaire est fatigué d’aller se perdre à Créteil, d’écouter les conseils en kit de son beau-frère (François-Xavier Demaison) et de subir les pas de bourrée d’une famille presque parfaite. Ancien GO du Club Med, il se lasse même de faire semblant de rentrer dans le rang comme son épouse l’aimerait. Or, ce samedi-là, les turbulences de son fils, pour le moins insupportable, vont précipiter la crise, explosant tant dans son couple que dans celui-ci du frère aîné Jean-Pierre et de la sœur cadette Roxanne (Joséphine De Meaux).

Tellement proches démarre dans le bon rythme, nous précipitant d’emblée dans l’étouffement signifiant que peut recouvrir l’idée – la réalité ? – de la famille. Le point de vue d’Alain, à travers lequel l’action se poursuit, permet d’apprécier l’étrangeté dans laquelle ses pairs sont plongés sans s’en rendre compte, de la dépendance fraternelle de son épouse à l’hystérie maternelle de ses deux belles-sœurs, sans compter l’hypocrisie de son beau-frère, vrai-faux bourgeois. Le point fort tient dans les personnalités tracées qui sont prétexte à une cascade de réparties caustiques bien senties. Et pour cause, les deux scénaristes-réalisateurs ne manquent pas d’avouer avoir trouvé dans l’expérience propre de leurs proches des sources d’inspiration plus vraies que nature. La comédie commence donc par convaincre, non par le brio de la mise en scène (la scène de l’homme triste, seul au volant de sa voiture la nuit, est-ce vraiment nécessaire ?), mais grâce à l’énergie des comédiens (n’oublions pas de citer Audrey Dana et Omar Sy) et une envie honnête d’amuser.

Néanmoins, les bonnes intentions s’essoufflent passée la première moitié du film. Les personnages, eux-mêmes essoufflés de leurs bonnes répliques, s’enfoncent peu à peu dans des stéréotypes. Du comment les coincés se décoincent et inversement, au comment la rédemption opère-t-elle, le tout devient moins drôle et Tellement proches malheureusement éloigne… Clou superflu du spectacle, la comédie s’offre même un saut dans le temps qui laisse pantois. La recherche de l’émotion déconcerte là où l’on attendait le maintien d’une distance empreinte d’humour. Au final, la comédie perd de son élasticité comique.

À trop s’y méprendre, Tellement proches ne parvient pas à surprendre, mais fait sourire et, malgré tout, se réjouir.

Titre original : Tellement proches

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Durée : 102 mn


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