Survivre avec les loups

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Un concept un peu déjà-vu pour un film décevant.

Survivre avec les loups est l’adaptation cinématographique du roman autobiographique de Misha Defonseca. Le récit se déroule en 1941. Misha a 8 ans lorsque ses parents sont emmenés par la Gestapo puis déportés. La famille qui la cache étant sur le point de la livrer aux Nazis, la petite fille décide de fuir « vers l’Est », là où ses parents ont été emmenés. Traversant la Belgique, l’Allemagne, la Pologne, endurant le froid et la faim, Misha marche inlassablement. Sur son chemin, seuls les loups lui offrent une compagnie réconfortante. Durant ces quatre saisons d’errance à travers une Europe ravagée par le nazisme et plongée dans les ténèbres, Misha découvre la violence des hommes et l’humanité de la faune.

Le travail de la réalisatrice Véra Belmont et de son équipe mérite sans aucun doute le respect : une volonté de rester fidèle à l’œuvre d’origine, des conditions difficiles et d’autres exigences qui ont demandé beaucoup d’efforts aux acteurs et aux techniciens. Ce projet a une dimension personnelle pour la réalisatrice d’origine russo-polonaise qui s’est attaquée à une histoire difficile. Difficile car le concept de l’enfant élevé par des animaux a déjà été exploité de nombreuses fois par la littérature et dans des films comme Nell ou encore le Livre de la Jungle, et que cette histoire particulièrement poignante demande un très bon doigté pour éviter le lyrisme à outrance.

Le film démarre assez rapidement, mais très vite le rythme ralentit, la compassion s’installe, la progression n’est pas évidente et par moment l’ennui la remplace. On sent parfois un essoufflement de l’histoire et certaines scènes semblent inutiles. L’avancée de Misha est certes laborieuse, difficile, riche en émotions, mais la réalisatrice peine à trouver la juste mesure et tend à tomber dans l’excès de pleurs et de cris…

Mathilde Goffart, qui tient le rôle principal, est très touchante mais on peut parfois regretter le coté surfait de certains dialogues. La difficulté de l’épreuve que cette petite fille abandonnée traverse est évidente, l’émotion est bien présente mais la mise en scène porte parfois atteinte à la crédibilité du drame de la petite Misha.

Cependant la dimension humaine du film est bien réelle et le courage de cette fillette de huit ans bravant la faim, la soif et la distance pour retrouver ses parents laisse sans voix. La démonstration d’une force morale incroyable que ni le fascisme ni la guerre ne parviennent à atteindre. Survivre avec les loups est la restitution honorable d’une histoire poignante et émouvante, une piqûre de rappel historique qui aurait gagné à être plus mesurée. Cependant, le message du film mérite d’être entendu par le plus grand nombre.

Titre original : Survivre avec les loups

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Durée : 118 mn


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