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Rencontre avec Ellen Page

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Nominée à l´Oscar de la meilleure actrice à 20 ans, pour son rôle dans Juno, Ellen Page est devenue, en deux grands rôles, une valeur montante du cinéma américain. Mais ça ne l´empêche pas d´être modeste…

Repérée dans un premier temps grâce un rôle de chaperon rouge (sang) porté sur la castration des pédophiles (dans Hard Candy) puis en mutante passe-muraille dans X-Men 3, la jeune Ellen Page est l’une des grandes révélations de l’année, grâce à son personnage de Juno dans le long-métrage du même nom. Venue à Paris pour promouvoir le film, l’actrice, nominée aux Oscars et aux Golden Globes pour ce rôle, paraît radicalement plus timide que sur grand écran, mais tout aussi mature.

Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce rôle ?

Ellen Page : On ne rencontre pas souvent ce genre de personnage d’adolescente aussi unique, intelligent, et un peu abrupt, qui ne mâche pas ses mots. Je l’admire pour son indépendance, vu ce qu’elle traverse. Elle le fait de manière très adulte, très honnête.

Avez-vous mis un peu de vous dans ce personnage ?

Non, pas vraiment. Diablo Cody a dès le départ écrit un scénario incroyable, et de plus, Jason Reitman est lui aussi un excellent réalisateur. Bien sûr, j’ai apporté quelque chose de moi-même, mais j’ai l’impression que mon travail était un peu facile, étant donné que j’étais entouré de gens merveilleux.

Avez-vous fait des recherches approfondies ?

Je n’ai pas fait de recherches particulières sur le rôle. On me pose souvent la question, mais je n’ai, par exemple, pas été rencontrer d’adolescentes enceintes. Je pensais qu’il s’agissait de traiter d’une personne individuelle. J’ai parfois l’impression que plus vous recherchez l’authenticité, plus vous vous éloignez de la réalité. Vous commencez à juger le personnage, alors qu’il s’agit juste de le jouer avec son coeur. Bien sûr, je voulais savoir à quoi ça ressemblait d’être enceinte, puisque je ne l’ai jamais été. J’ai acheté un livre, « La grossesse pour les nuls » (rires), et de plus, Jennifer Garner, Jason Bateman et Jason Reitman étaient tous de jeunes parents, donc ils pouvaient me conseiller de temps à autre.

Vous semblez beaucoup plus timide que votre personnage dans Juno…

Elle est bien plus cool et pleine de répartie que moi, je crois. C’est un personnage qui a une énergie que j’admire. C’était plutôt confortable.

Que retenez-vous de votre travail avec Jason Reitman ?

Jason Reitman est un réalisateur extraordinaire, il sait ce qu’il veut, mais il est aussi très ouvert à la collaboration. Il ne souhaitait pas « forcer » ce scénario qui reste très écrit. Il voulait au contraire que le film soit honnête et simple.

Y a-t-il une scène en particulier qui était plus dure à tourner ?

Tout le film en lui-même était un peu intimidant. Vue la qualité du scénario, je n’avais pas envie de tout faire rater ! L’important est que le public puisse aimer ce personnage unique et drôle, et de la rendre honnête également. Il fallait trouver le bon équilibre.

Il y a une grande liberté de ton dans Juno, le film n’a pas peur d’aller vers le politiquement incorrect. Cela a-t-il pesé dans le choix de jouer dans le film ?

Oui, c’est vrai que les Etats-Unis ont tendance à être très frileux, voire conservateurs sur certains sujets. C’est merveilleux de voir qu’un film ose franchir certaines frontières, qu’il s’agisse de l’idée de la famille, de l’avortement en clinique… L’histoire n’évite aucun sujet sensible.

Vous êtes encore jeune : y a-t-il des réalisateurs avec lesquels vous souhaiteriez travailler, des actrices qui vous inspirent ?

Il y a beaucoup de monde que j’admire et que je respecte : Michel Gondry, Lynn Ramsey, Lukas Moodyson, Tim Burton, Alexander Payne, Kate Winslet, Sissy Spacek, Samantha Morton, Jodie Foster… Je pourrais continuer longtemps !

Vous avez commencé très jeune. Comment êtes-vous arrivée dans le métier ?

Je suis tombé dans ce milieu quand j’avais dix ans, j’étais dans une école, et des producteurs sont venus faire un casting pour jouer dans un téléfilm. Ca aurait pu s’arrêter là, mais ça s’est transformé en une série télévisée, et ça s’est enchaîné. Je n’ai commencé à vraiment aimer ce métier qu’à 15-16 ans, quand les rôles sont devenus plus complexes. Je voulais continuer à apprendre et découvrir le métier d’acteur et c’est toujours le cas aujourd’hui. C’est fascinant d’observer un personnage écrit sur le papier et d’arriver à se reconnaître dedans, pour le recréer à l’écran.

Est-ce que vous considérez Juno comme un tremplin pour le futur ?

C’est sans doute la plus belle expérience de tournage que j’aie eue jusqu’à présent. Je suis fière et très reconnaissante d’avoir pu y participer, surtout quand je vois, avec surprise, l’excellent accueil rencontré par le film aux Etats-Unis. C’est incroyable, même si je suis tellement absorbée par la promotion que je ne me rends pas compte de toute cette agitation autour du film. Juno a changé les choses pour moi, cela m’a effectivement ouvert des portes

Ressentez-vous de la pression, quand le réalisateur Jason Reitman dit par exemple de vous que vous êtes « la nouvelle Meryl Streep » ?

Je crois surtout que cela prouve qu’il est complètement fou ! (rires) Je veux dire, c’est adorable et vraiment gentil, mais je ne me considère pas comme quelqu’un de célèbre. Je suis jeune, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre.

Titre original : Juno

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Genre :

Durée : 91 mn


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