Partir

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Titre ambitieux qui donne envie d´aller voir plus loin, le dernière oeuvre de Catherine Corsini n´atteint jamais son but, ne surprenant jamais, déroulant tranquillement au fil des plans son statut de film anecdotique.

On identifie assez vite les ambitions de Partir. Histoire classique, triangle amoureux, couple marié, amant, désir, tout cela au service des interprètes. Mécanique habile portée par un trio d’acteurs connus et renommés. Seulement, cette mécanique est déjà bien rouillée. Chaque scène est à sa place. Ainsi celles des premières évasions, une fois le mari quitté, à la découverte de la nature et donc incontournable plan du coït dans les herbes. Histoire d’amour certes, plus certainement de désir, donc. Dans Partir, le désir c’est l’exotisme, le désir c’est le rien matériel quand on a tout. Lorsque Suzanne se rend pour la première fois chez Ivan, elle lui apporte un bouquet de fleurs, mais l’ouvrier n’a pas de vase. Pas franchement subtil mais tout est dit.

En développant doucettement son histoire d’adultère et son lot de conséquences inévitables (refaire sa vie, problèmes d’argents, séparation matérielle du couple bourgeois), le film ne nous invite plus qu’à contempler son héroïne principale, dans l’espoir d’y guetter un frémissement, de s’introduire dans une brèche. Kristin Scott Thomas, saturée de gros plans, assure, rendant visible ce qu’il faut. A ce jeu, n’en faisant ni trop, ni pas assez, son personnage en devient finalement assez lisse, et ce qui pourrait passer pour féministe ne se transforme en fait qu’en anecdotique course au bonheur où la femme n’a d’emprise sur rien et ne va que là où elle doit aller.

Lutte inutile et perdue d’avance, on se retrouve finalement là où nous aussi devions fatalement nous rendre, ce gros plan où, pour la première fois, un visage se détache entièrement du décor. « Dis-moi ce qu’il faut que je fasse. Je ferai ce que tu voudras », déclame Suzanne. Son histoire se résume à cela : un coup dans l’eau, un de plus. Cela pourrait interpeller, mais non. Jamais on n’obtient de son cas qu’il s’étende à autre chose qu’à lui-même. Cette confusion entre l’intime et le général, c’est là où le film échoue. Cinéma centripète, au final pas maladroit mais juste authentiquement passable.

Titre original : Partir

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Durée : 85 mn


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