Select Page

Entretien avec Michael Cera

Article écrit par

Dans « Be Bad ! », quand le sage Michael Cera s’encanaille, il devient français et moustachu. Interview d’une des figures les plus rafraîchissantes de la nouvelle comédie américaine.

Dans Be bad !, Michael Cera (Juno, Supergrave) joue Nick Twisp, un puceau tenté par la rébellion pour séduire la fille de ses rêves. Une partition qui commence à lui coller à la peau mais qu’il renouvèle ici avec une fraicheur désarmante. Interview d’un boy next door canadien qui pourrait bien devenir le nouveau visage de la comédie indépendante made in US.

Encore un rôle de romantique maladroit ! Comment ça se fait ?

Il semble que malgré mes 22 ans, j’ai toujours l’air d’un adolescent. Du coup, aux yeux des réalisateurs, je reste l’éternel romantique un peu gauche. Mais dans Be bad !, je joue aussi mon premier personnage de sale type. C’est un bon début non ? François [le double « bad boy » de Nick, NDLR] est une enflure, mais je l’aime bien. Et surtout, j’ai adoré porter une moustache, détruire des trucs et balancer des grossièretés aux filles… De l’inédit pour moi ! Maintenant, je crois que je suis prêt à jouer un vrai méchant au cinéma. D’ailleurs, Miguel m’a dit qu’il sentait que j’avais ça en moi…

Sinon, dans la vie, tu es plutôt Nick ou François ?

Plutôt Nick… Je ne suis pas si sérieux, mais je travaille dans ce milieu depuis que je suis enfant et pour s’y faire une carrière, on doit toujours rester professionnel. Je ne me lâche que quand je suis avec mes amis ou quand je joue de la musique. Quand j’étais ado, j’avais beau être déjà comédien, j’étais très ordinaire, très timide et je me suis longtemps senti différent, seul et un peu paumé. C’est un métier tellement bizarre…

D’où t’est venue l’envie de devenir comédien ?

D’abord, il y a eu quelques spots de pub, quand j’étais très jeune. Puis la série Arrested development, qui a lancé ma carrière [avec le personnage de l’inoubliable George-Michael Bluth, NDLR]. Ce fut une révélation et le début de ma « seconde vie ». Tout m’a plu dans cette expérience : le travail en équipe, le fait de disparaître derrière un personnage…

On te reverra en Nick Twisp ? Après tout, CD Payne a écrit trois romans…

Si on me propose, je signe ! Et puis j’aimerais bien retravailler avec Miguel Arteta. En tout cas, il y a encore suffisamment de matière pour faire une suite. Mais il ne faudrait pas tarder parce que je commence à me faire vieux…

Et sinon, avec qui aimerais-tu tourner désormais ?

Tellement de gens…. Disons Quentin Tarantino ou Michael Mann.

Au fait, pourquoi Nick devient-il français quand il est méchant ?

Mais parce que ce film est une love story ! Il fallait donc que François vienne du pays de l’amour… Ce personnage est très développé dans Youth in revolt [le roman de CD Payne dont est adapté le film, NDLR] et je connaissais déjà le livre quasiment par cœur avant de recevoir le scénario. J’ai essayé de coller au maximum au roman, et pour me mettre dans la peau du personnage, qui est très « nouvelle vague », donc j’ai regardé des films de Godard. Dire des saletés et jouer un play boy en pantalon moulant, vraiment, c’était jouissif.

Propos recueillis par Pamela Messi


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Outrage

Outrage

Les six films d’auteur réalisés par Ida Lupino entre 1949 et 1966 traduisent l’état de « victimisation » dans lequel est maintenue
la femme américaine face aux défis de la reconstruction sociale de l’après-guerre. « Outrage » formalise, à travers l’esthétique du film noir, le trauma existentiel d’une jeune fille sauvagement violée. Poignant en version restaurée.