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Manhunter

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La ressortie d’un classique du répertoire hollywoodien, avec ce thriller de Michael Mann, est un voyage nostalgique et immersif dans les années 1980

Trente-quatre ans après sa sortie en salles, Splendor Films programme la ressortie du film Manhunter. Adaptation du roman Dragon Rouge de Thomas Harris, Manhunter met en scène le tueur en série Hannibal Lecktor (plus communément appelé Lecter), devenu culte grâce au Silence des agneaux (1991). Primé au festival du film policier de Cognac en 1987, ce thriller psychologique haletant ne rencontre cependant pas un immense succès en salle. Manhunter révèle le goût de Mann pour le polar urbain qu’il confirmera avec Heat ou Collateral.

Le récit d’un tueur en série

Dans ce long-métrage, Michael Mann met en lumière l’art du profilage criminel notamment inspiré par le profiler américain Robert Ressler qui démocratise le terme serial killer dans les années 1970. L’agent du FBI William Graham, confronté à des difficultés à la fois factuelles et psychiques au cours de son enquête, est contraint de solliciter l’aide du détenu Hannibal Lecktor, tueur en série cannibale qu’il a contribué à capturer. Si le récit comporte une trame, somme toute, relativement classique (si ce n’est prévisible), il passe par une narration solide et prenante qui accroche le spectateur de manière efficace. Manhunter dépeint un personnage hanté par son travail de profiler qui en vient à menacer sa santé mentale. C’est alors que le réalisateur joue avec l’ambiguïté et le dualisme d’une nature humaine complexe à travers une œuvre esthétique et immersive.

Un voyage psychique

Mann teinte son film de moments suspendus, quasi-oniriques. Cela est renforcé par des jeux d’ombres et de lumière, un travail particulier sur les scènes nocturnes et une colorimétrie froide et primaire. Aussi, force est de constater la puissance narrative et émotive du regard convoqué dans le film. Le spectateur est alors happé par cette force psychique qui émane de l’œuvre. L’effet est appuyé par une bande originale psychédélique aux influences rock, signée Michel Rubini et The Reds, totalement imprégnée de l’atmosphère des années 1980. L’usage d’instruments comme la flûte de pan confère un caractère envoûtant qui invite au voyage et au rêve. Ainsi, la musique devient presque un personnage à part entière. Ces éléments qui s’opposent a priori à l’aspect très concret et tangible des meurtres sont en fait révélateurs des forces conflictuelles en proie dans l’esprit de chaque être humain.

Son esthétique « vintage » permet à Manhunter de s’inscrire dans un cinéma classique qui résonne aujourd’hui avec nostalgie. Sa ressortie peut ainsi toucher un large public dont plusieurs générations de spectateurs, leur permettant de découvrir ou redécouvrir ce film qui allie divertissement, avec un personnage ancré dans la culture populaire, et expérimentations esthétiques résultant d’une certaine fibre auteuriste.

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Durée : 118 mn


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