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Malavita

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Enième déception de la part du réalisateur de « Léon » et « Nikita ».

Figure emblématique du cinéma français des années 80 et surtout 90 au même titre que Jean-Jacques Annaud ou Jean-Pierre Jeunet, Luc Besson fait partie de ces metteurs en scène qui ont voulu mettre un grand coup de pied dans la fourmilière à une époque où les films étaient sclérosés par la politique des auteurs issue de la Nouvelle Vague. En moins d’une dizaine de films, Besson s’est rapidement imposé comme étant un des réalisateurs français les plus importants et bankables en signant des succès populaires et internationaux comme Le Grand Bleu (1988), Nikita (1990), Léon (1994, qui reste encore à ce jour son meilleur film) ou encore Le Cinquième Elément (1997). Mais Besson n’a jamais vraiment emballé la critique et pas toujours le public avec ses derniers films comme Arthur et les Minimoys (2006), Angel-A (2005) ou encore Adèle Blanc Sec (2010). Même son dernier film, The Lady (2011), laissait quelque peu à désirer en raison d’un scénario trop linéaire et une surenchère d’émotions, malgré une qualité nettement supérieure aux films précédents. Il en va de même pour Malavita, son nouveau long métrage, assez inégal et décevant dans l’ensemble et dont on regrettera de nombreuses fautes de goût.
 

Exilés en Normandie sous la protection du FBI, l’ancien parrain mafieux Giovanni Manzoni (Robert De Niro) et sa famille s’adaptent difficilement à leur nouvel environnement. Supervisés par l’agent Robert Stansfield (Tommy Lee Jones), la famille, devra se confronter à leur passé qui ressurgit brusquement dans le petit village français suite à une série de mésaventures.
 

Adapté du roman éponyme de Tonino Benacquista, Malavita est la première grosse production Europa Corp à être tournée dans la cité du cinéma, les fameux studios créés par Luc Besson. Produit par Martin Scorsese (également consultant artistique à différents niveaux de production), le film se veut avant toute chose être un divertissement sans prétention, et rendre hommage aux films de mafieux comme Le Parrain (Francis Ford Coppola, 1972), Les Affranchis (Martin Scorsese, 1980) ou encore Casino (Martin Scorsese, 1996), tout en s’amusant avec les codes et conventions du genre. Faisant la part belle à l’action et à l’humour, on regrettera néanmoins de nombreuses choses, à commencer par certaines fautes de goût et grossièretés diverses, comme cette scène où le personnage de De Niro commente une projection des Affranchis de Scorsese dans lequel lui-même joue (peu probable que le producteur de la série des Transporteurs ait voulu faire une mise en abyme métafilmique) ou encore la caractérisation des personnages de tueurs mafieux, clichés au possible, peu respectueuses du genre auquel le film fait référence. En effet dans la même veine, des films comme Mafia Blues (Harold Ramis, 1999) ou Mickey Blue Eyes (Kelly Makin, 1999) étaient nettement plus honnêtes et réussis. La mise en scène de Besson, carrée et efficace mais sans grande surprise vient ponctuer le jeu familier des acteurs qui ne font ni plus ni moins ce qu’ils ont l’habitude de faire. Au final, on retiendra essentiellement les scènes faisant figurer Tommy Lee Jones, toujours aussi charismatique.

En somme, le nouveau film de Luc Besson aura beau s’avérer supérieur à ceux qu’il a pu réaliser ces dernières années, toujours est-il que le niveau demeure bien en deça d’un Léon ou d’un Nikita, en raison d’une certaine paresse et d’un nombre trop important de vulgarités.

Titre original : The Family

Réalisateur :

Acteurs : , , , ,

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Genre :

Durée : 111 mn


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