Select Page

Luigi Comencini

Article écrit par

Le coin du cinéphile se penche sur Luigi Comencini, critique amusé et désabusé des travers des adultes, tout comme peintre attendri des meurtrissures de l’enfance.

Luigi Comencini occupe une place à part dans le quatuor magique (Dino Risi, Mario Monicelli, Ettore Scola) de la comédie italienne de l’âge d’or. Le réalisateur possède une facette plus sombre, une appétence pour le drame et c’est presque par accident qu’il gagnera ses galons dans la comédie avec la série des Pain, amour et fantaisie. Dans ses œuvres majeures, le rire sert un arrière-plan qui peut être social dans Le Commissaire ou historique avec La Grande Pagaille. Plus le temps passera plus la comédie se délestera de tout humanisme pour dresser un portrait au vitriol de ses congénères dans des classiques comme L’Argent de la vieille, les farces Qui a tué le chat ? et Mon dieu comment suis-je tombée si bas ?, ou le très oppressant Le Grand Embouteillage. La tendresse et la bienveillance de Comencini se réserve pour son cycle sur l’enfance, à travers le mélodrame de L’incompris, le conte de Les Aventures de Pinocchio, le récit de corruption morale de Casanova, un adolescent à Venise ou le plus méconnu Eugenio sur le drame du divorce. Comencini est un humaniste pessimiste qui déverse un fiel désespéré envers les adultes, et une tendresse résignée pour les enfants. Le rire et les larmes se confondent chez lui dans cette vision du monde contrastée.

Bonne lecture pour un prochain thème consacré aux « Rêves et cauchemar au cinéma » !


Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /home/clients/8d2910ac8ccd8e6491ad25bb01acf6d0/web/wp-content/themes/Extra-child/single-post.php on line 73

Lire aussi

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Au cœur des mélodrames de la période allemande de Douglas Sirk, ses protagonistes sont révélés par les artefacts d’une mise en scène où l’extravagance du kitsch le dispute avec le naturalisme du décor. Mais toujours pour porter la passion des sentiments exacerbés à son point culminant. Ces prémices flamboyants renvoient sans ambiguïté à sa période hollywoodienne qui est la consécration d’une œuvre filmique inégalée. Coup de projecteur sur le premier et dernier opus de cette période allemande.

La mort d’un bureaucrate

La mort d’un bureaucrate

« La mort d’un bureaucrate » est une tragi-comédie menée “à tombeau ouvert” et surtout une farce à l’ironie macabre déjantée qui combine un sens inné de l’absurde institutionnel avec une critique radicale du régime post-révolutionnaire cubain dans un éloge
bunuelien de la folie. Férocement subversif en version restaurée…