Les Liens du sang

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Duo d´acteurs en pleine forme, pour un étrange drame policier. Austère, mais prenant.

Ils ont marqué l’année passée grâce au triomphe de Ne le dis à personne. Pour leur retour sur grand écran, Guillaume Canet et François Cluzet se retrouvent cette fois du même côté de la caméra. Amis dans la vie, ils deviennent même frères pour les besoins des Liens du sang, récit adapté de la vraie vie de deux frangins lyonnais séparés par leurs choix de vie. L’aîné (Cluzet, coupe de cheveux impossible et cabotinage assumé) est un truand raté et marqué par ses années de prison. Le cadet (Canet, plutôt à l’aise dans son cuir noir) est un flic constamment sous tension, pris au piège de son rapport amour-haine avec son frère.

Leurs relations, leur parcours commun (le flic héberge l’ex-taulard, sans se douter que celui-ci a repris ses activités mafieuses) sont au coeur du long-métrage, qui se déroule à la fin des années 70, alors que le marché de la drogue commence à s’étendre en France. Une époque charnière minutieusement recréée par le réalisateur Jacques Maillot (Nos vies heureuses), qui choisit de grossir le grain d’utiliser la lumière naturelle et les plans moyens en abondance, pour faire illusion. Sur ce point, Les liens du sang s’en tire mieux que le désinvolte Dernier gang de Zeitoun.

Centré sur les soubresauts d’une famille déchirée par cette rivalité, le film tire son originalité du rôle prépondérant donné aux femmes qui accompagnent les deux frères. Leurs histoires d’amour contrariées prendront le pas sur leurs carrières, au point de précipiter leur chute commune (le film diffère là avec la réalité). Malgré tout, peu de coups de feu, et peu de coups d’éclat sont au programme : Maillot fait le choix de réaliser un drame policier plutôt qu’un polar dramatique. La nuance fait ici toute la différence, et la valeur de ces Liens du sang, dont le dénouement, brutal, est malgré tout aussi inattendu que précipité.

Titre original : Les Liens du sang

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Durée : 106 mn


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