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Le Beau Monde

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Le propos sociologique indigent ôte tout intérêt à la bluette amoureuse.

Le joli couple du film feuillette ensemble un livre d’art. Alice, devant les matériaux et tissus du mouvement Supports/Surfaces ou de l’Arte Povera, demande timidement : « Mais qu’est ce qui fait que c’est de l’art ? » Ce à quoi son galant s’empresse de lui expliquer que – c’est l’idée, le projet tu vois, la conscience du geste artistique – qui fait qu’un bout de tissus lacéré sera a posteriori de l’art. On remercie pour cet exposé allégrement schématique sur l’art contemporain.

A l’avenant, les personnages bourgeois du film, ceux du « Beau Monde » donc, comme l’amoureux Antoine, se croient investis du savoir et détenteurs de la culture qu’il faut. Quant à la pauvre, elle a l’instinct, le véritable talent artistique, puisqu’il est brut et sans grands discours. Croyant prendre à revers les attendus sociologiques, la cinéaste manifeste des préjugés bien pires encore plaqués sur des personnages qui n’en demandaient pas tant. Ainsi, les pauvres aiment la télé et la Kro en travaillant sur les marchés mais sont vraiment gentils, tandis que les bourgeois pédants passent leur temps à pistonner leurs enfants tout en s’extasiant cyniquement sur des barres HLM. Seul trouve grâce aux yeux du film le personnage joué par Sergi Lopez, prolo ayant grimpé les échelons sociaux grâce à son talent mais demeuré humble. Un homme bien quoi.

Le grand drame du Beau Monde est finalement cette espèce de populisme bas du front, qui entend « délicatement » « nuancer » ses opinions mais continue d’alimenter une vision binaire et dépassée de la société, s’épinglant doublement le manque flagrant de cinéma à l’affaire. Le casting méritait mieux, d’Ana Girardot à l’excellent Bastien Bouillon, mais aussi Aurélia Petit – qui, il ne faut pas lui enlever, joue bien les riches revêches, cf Le Temps de l’aventure – sans qui toute cette histoire aurait eu un goût plus amer encore.

Titre original : Le Beau Monde

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Durée : 95 mn


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