La Femme du fossoyeur

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Incursion dans la vie rude d’un fossoyeur à Djibouti

Qu’est-ce qu’un fossoyeur ?

« Je me suis souvenu de tous ces fossoyeurs que je croisais sur le chemin de l’école et je ne m’étais jamais arrêté pour y prêter attention ni même demandé : qui sont-ils ? que font-ils là ? À partir de ce moment, il y a eu ce personnage – le fossoyeur – qui est venu à moi, et il n’a pas voulu me laisser tranquille depuis. », s’interroge à haute voix le réalisateur somalien dans le dossier de presse du film. Ayant été confronté au problème de la misère et surtout de la mort du bébé de son frère, Khadar Ayderus Ahmed tente avec ce film de répondre enfin à cette image qui le taraude depuis qu’il est petit et qui revient à se poser encore une fois des questions métaphysiques sur notre place sur la Terre et sur notre volonté de vivre, sans oublier la force du destin. Le film se passe dans une banlieue misérable de Djibouti. Guled et Nasra forment un couple très amoureux, accompagnés de leur jeune fils Mahad, un peu indolent et désobéissant. Ils traversent des moments difficiles car Nasra a besoin de toute urgence d’une opération coûteuse pour traiter une maladie rénale chronique. Guled travaille déjà dur comme fossoyeur pour joindre les deux bouts.

Une mise en scène très esthétique

C’est la vie de Guled, rude et âpre, qui va servir de fil conducteur à tout ce film qui nous montre les difficultés de ce métier terrible de fossoyeur, passant les journées à attendre les morts devant les hôpitaux de la ville et la vie de tous les jours difficiles dans ce pays très pauvre. Pourtant, le film n’est pas un film larmoyant ou accusateur. Il est au contraire plein de dignité, et la misère, même si elle transpire dans nombre de plans, n’est pas exploitée d’une manière douteuse. Au contraire, certains pourraient reprocher au film son esthétisme, ses choix au niveau de la beauté des personnages, notamment celui de Nasra, interprétée par Yasmin Warsame. Mannequin d’envergure internationale, elle est également connue pour son travail humanitaire en Somalie et dans les régions avoisinantes, notamment dans l’aide aux migrants. C’est peut-être une « erreur de casting » car on ne voit plus que la beauté et le charme de cette belle femme, magnifiquement habillée, maquillée et mise en lumière par Arttu Peltomaa. Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est aussi peut-être le moyen que le réalisateur a trouvé pour éviter trop de misérabilisme.

Question de casting

Il explique d’ailleurs un peu comment il a collaboré au casting du film, et évoque son choix pour le rôle principal de Nasra. « Je fais toujours un casting de rue. Il n’y a pas beaucoup d’acteurs professionnels somaliens, ni en Finlande ni ailleurs, alors je suis toujours en train de courir après les gens dans la rue. Sauf Omar, qui est un vieil ami, qui a joué dans le premier court métrage que j’ai écrit, Citizens (2008) et que Juho Kuosmanen a réalisé. Et la manière dont j’ai trouvé Yasmin est assez drôle. C’est une super top model. En 2013, elle a fait une campagne pour la collection d’été d’H&M, placardée partout à Helsinki. Je me souviens que je suis sorti du métro et j’ai vu une énorme affiche d’elle. Puis je l’ai cherchée sur Google. Elle est complètement différente sur chaque photo. Elle a cette beauté unique et si flexible que vous pouvez la faire ressembler à un homme âgé, ou à une jeune et très belle femme. Je savais qu’elle serait parfaite pour le rôle de Nasra. »

 

 

Titre original : The Gravedigger’s Wife

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Durée : 82 mn


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