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John Carpenter

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À l´occasion de son retour après une longue inactivité avec « The Ward », ce Coin du cinéphile est consacré à John Carpenter.

Dans l’édito de notre récente thématique sur Walter Hill, nous évoquions comment ce dernier, malgré ses grandes qualités, n’avait su franchir l’étape menant l’artisan doué à l’auteur. Ce cap, John Carpenter l’a aisément franchi même si cela lui en a coûté. Carpenter est l’archétype du cinéaste né à la mauvaise époque. Ce fervent admirateur d’Howard Hawks et fanatique de westerns aurait fait une immense carrière au temps de l’âge d’or des studios. Son art de la narration classique, sa maîtrise parfaite du CinémaScope (qui a vu un film de Carpenter recadré n’a pas vu un film de Carpenter) et son goût pour les héros virils et solitaires « à l’ancienne » auront souvent fait figure d’anachronisme. Trop individualiste et décalé pour le Nouvel Hollywood déclinant et pas assez malléable pour la reprise en main des studios du cinéma clinquant des années 80, il ne semble jamais à sa place.

Comme nombre de ses films, l’inaugural Assaut est un western caché (il ne franchira d’ailleurs jamais le pas d’en réaliser vraiment un), effectuant officieusement un remake du Rio Bravo de Hawks et montrant un discret attrait pour le surnaturel. Le glaçant Halloween y entre lui pleinement en contribuant à créer un genre, le slasher, et faisant du film le plus grand succès commercial d’une production indépendante en son temps. New York 1997 apportera la pièce manquante à l’édifice carpenterien en signalant son iconoclasme à travers son héros le plus célèbre, le sociopathe Snake Plissken, magistralement interprété par l’alter-ego du cinéaste, Kurt Russel. The Thing, son premier gros budget signera aussi la fin de son image de golden boy aux yeux des studios. Véritable chef-d’œuvre du film d’horreur, The Thing orné de son extrême noirceur, de sa paranoïa et des monstres cauchemardesques de Rob Bottin subira un échec cuisant alors que l’extra-terrestre messianique de E.T. triomphera sur les écrans.

Dès lors, Carpenter, dépité, radicalisera son propos (en dépit de tentatives réussies comme le romantique Starman ou le trop précurseur et jubilatoire Jack Burton) dans des œuvres plus modestes et sans concession. Le cauchemardesque Prince des Ténèbres est symbolique de cet état d’esprit tandis que Invasion Los Angeles est, sous couvert de série B, un message fort lancé à la société américaine consumériste des années 80.

Son dernier chef-d’œuvre viendra avec le passionnant L’Antre de la folie qui viendra conclure l’obsession souterraine pour Lovecraft courant tout au long de The Thing et Prince des ténèbres. Le cinéaste semble y avoir tout donné puisque quelques années plus tard (et après un passable Ghost of Mars), il tirera momentanément sa révérence pour savourer le culte dont il est désormais l’objet. Son retour aux affaires avec The Ward, bien que n’étant pas totalement convaincant, ne peut donc que réjouir les aficionados de ce grand Monsieur.

Bonne lecture avant un Coin du cinéphile consacré au maître mystérieux et oublié du cinéma anglais : Nicolas Roeg.

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