Heureux les fêlés

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Film de copains qui fait rêver sur le cinéma.

Les cinglés du cinéma

Malgré quelques maladresses surtout au niveau du jeu des acteurs – mais n’est-ce pas ce qui en fait tout son sel ? – ce méta-film est surprenant et très émouvant car il ne s’agit rien moins que d’une déclaration d’amour au cinéma. Les fêlés du titre sont bien sûr les amateurs de cinéma, pas vraiment des cinéphiles, mais des dingos de l’objet cinéma et de ses belles images à la manière du réalisateur de ce film, Robert Coudray, tel qu’il semble le confier dès le début de son film à la manière de Martin Scorsese dans son film Hugo Cabret.  « Mon projet de vie, ça a été depuis l’âge de 16 ans, de faire du cinéma. C’est un article de Claude Lelouch qui l’a déclenché où il parlait de ses déboires de jeune cinéaste, déclare-t-il dans le dossier de presse du film. Et moi, mon parcours avec le cinéma, c’est du contre-courant et beaucoup de refus. Mais… je suis plus qu’un entêté, ça frôle peut-être la fêlure : ton rêve, tu le portes sur ton dos, comme une nécessité, une évidence qui te tient dans les tripes et dans le coeur. Et ça dure … 40 ans. Et puis à force de revers et d’écritures pour les tiroirs, j’en ai eu assez. Avec ma compagne, on s’est dit qu’on allait le faire ce long-métrage tant espéré, quoi qu’il arrive. »

Faire son film soi-même

D’ailleurs, Heureux les fêlés fête tous les cinglés, les poètes et les rêveurs à la manière des personnages d’Arizona Dream d’Emir Kusturica dont les machines volantes ou pas du film constituent un hommage aussi. Toutes ces citations ne sont pas en effet un constat mais un encouragement pour que Robert Coudray, dont c’est le deuxième film après Je ne demande pas la Lune, continue son chemin enchanteur. Ils sont peu nombreux, notamment en France, à célébrer les poètes, les doux dingues qui font des films avec trois bouts de ficelle et il faut bien sûr les encourager. Surtout qu’en plus, ici, il s’agit d’un film qui raconte un film en train d’essayer de se tourner. On ne pense pas bien sûr ni à La Nuit américaine de Truffaut, ni non plus à Huit et demi de Fellini, mais à certains films qui n’hésitent pas à mettre la barre très haut en tentant d’expliquer la magie de la fabrication d’un film depuis l’écriture du scénario puis du story-board, en passant par son financement et sa réalisation bien souvent chaotique. Le dossier de presse aborde bien la personnalité de ce réalisateur, poète et ferrailleur : Il y a des films atypiques et Heureux les fêlés en fait partie. Le réalisateur du film, Robert Coudray qui se défini lui même comme « poète ferrailleur », est bien connu dans le Morbihan en Bretagne pour les œuvres spectaculaires qu’il réalise. Son parc à Lisio attire chaque année environ 60.000 personnes. Aussi, que ce soit pour ce film ou son précédent Je ne demande pas la Lune, il a réussi à mobiliser des centaines de personnes de sa région pour participer à leur réalisation.

Aller jusqu’au bout de son rêve

En plus d’être un film de bouts de ficelle, Heureux les fêlés parlera à tous les rêveurs parce que, justement, son réalisateur et sa compagne ont su dynamiser des copains, une Région entière, pour arriver à donner vie au rêve de toute une vie ainsi que le définit Robert Coudray qui a bien sûr mis tout son cœur et son âme dans ce film : « Notamment dans l’idée d’aller au bout de ses rêves ou de toutes utopies. Je suis du genre casse-cou avec mes utopies et connais plutôt bien le sujet, tendance Don Quichotte assagi. Je ne voulais pas faire ce deuxième film, c’est tellement compliqué le monde du cinéma et ne voulais surtout pas faire un film avec une part d’autobiographie, c’était inconcevable. » A voir pour rêver à son tour !

 

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Durée : 96 mn


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