Goodbye

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Adieu à l’insouciance, adieu à l’enfance.

Une jeune réalisatrice de film d’animation

Pour une fois, voici un film d’animation japonais sans robot ni violence. Ce n’est pas très étonnant quand on sait qu’il est réalisé par une jeune femme, et qu’il se veut surtout mélancolique et poétique, traitant d’une manière originale de l’enfance. Atsuko Ishizuka a réalisé de nombreux films alors qu’elle fréquentait l’Université des arts d’Aichi. Elle rejoint le studio Madhouse en 2004 et travaille comme assistante de production tout en prenant son premier poste de réalisatrice pour le clip Tsuki no Waltz pour la télévision NHK. Atsuko Ishizuka a ensuite réalisé de nombreuses œuvres chez Madhouse comme les séries télévisées No Game, No Life, Hanayamata, Prince of Stride : Alternative, son premier film pour le cinéma No Game, no life : Zéro en 2017, et le long-métrage d’animation original, A Place Further than the Universe en 2018. Avec Goodbye, elle raconte une charmante histoire de retrouvailles entre jeunes qui se connaissent depuis longtemps et vont rencontrer, lors d’un dernier été de leur jeunesse insouciante, des déboires qui vont les faire mûrir. En effet, des camarades d’école ont l’habitude de se retrouver tous les étés dans leur village d’enfance pour organiser un feu d’artifice sauvage qui, cet été-là, va mal tourner. Goodbye est donc l’histoire d’une rencontre miraculeuse vécue par trois garçons. Comme dans A Place Further than the Universe, dans lequel des lycéennes s’embarquaient pour un voyage en Antarctique, ici au terme de vacances d’été extraordinaires, les garçons de Goodbye atteignent l’Islande, le pays du feu et de la glace. En quoi cette aventure marquera leur vie à tout jamais et les mènera vers d’autres continents ? 

Des personnages étranges et forts

Ce film d’animation se démarque des autres films japonais même si les plus connus, comme ceux de Miyazaki ou Takahata, comportent une grande part de poésie, même étrange, décalée voire morbide. Il possède une qualité qui le rend accessible à tous les publics et conserve une évidente pureté. Il s’agit aussi d’un très beau film qui nous présente une galerie de personnages attachants, superbement étudiés et dessinés par une équipe artistique hors pair si bien qu’ils en deviennent à la fois réalistes et archétypaux. C’est pourquoi le film peut avoir du succès partout dans le monde à la manière même du cinéma d’animation japonais qui passionne à tous les âges et partout. On se souviendra des personnages de Roma, de Toto, de Tivoli qui évoquent à eux trois des lieux d’Italie et aussi Drop, un drôle de petit garçon un peu malicieux et mystérieux venu d’Islande où les personnages se rendront pour vivre ensemble une sorte d’expérience à la Harry Potter. 

Travail d’équipe

Ce film bien sûr ne serait rien sans le musicien, Yoshiaki Fujisawa, ni le studio Madhouse créé en 1972 et qui a créé des oeuvres inoubliables, ni bien sûr le créateur des personnages, Takahiro Yoshimatsu qui a commencé à travailler dans l’animation alors qu’il était encore étudiant et a rejoint le studio de production d’anime Studio Live. Il a été responsable de la réalisation, de la conception des personnages, a occupé les fonctions d’animateur, de directeur de l’animation et de directeur en chef de l’animation. Ses principales œuvres comprennent Trigun, Hunter X Hunter, Overlord et A Place Further than the Universe. Takahiro Yoshimatsu est également connu en tant que dessinateur de mangas sous le nom de plume Something Yoshimatsu, et il est notamment le créateur de Sega no Game wa Sekai Ichiiii ! Tout ceci ne parle pas au spectateur lambda mais prouve la puissance de ces artistes souvent inconnus mais qui font beaucoup, en travaillant en groupe, pour faire connaître le cinéma japonais partout de par le monde. 

Titre original : Goodbye, DonGlees !

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Durée : 94 mn


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