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Carnet de bord du Festival du court métrage – Clermont Ferrand 2009

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Les files d’attentes au festival sont calmes. La patience des festivaliers à Clermont, légendaire. Eparpillés parmi la foule multiculturelle, on aperçoit les vrais, les durs. Ceux qui ont dû assister aux premières éditions au début des années 1980. L’émotion est palpable autour d’Eux, mais personne n’ose interrompre la méditation des grands. Les admirer de si […]

Les files d’attentes au festival sont calmes. La patience des festivaliers à Clermont, légendaire. Eparpillés parmi la foule multiculturelle, on aperçoit les vrais, les durs. Ceux qui ont dû assister aux premières éditions au début des années 1980. L’émotion est palpable autour d’Eux, mais personne n’ose interrompre la méditation des grands. Les admirer de si près est déjà quelque chose de beau.

Les courts du jour

Short term 12
(Etats-Unis, 2008, 21’) de Destin Daniel Cretton, met en scène la vie quotidienne d’un centre d’accueil pour enfants maltraités.

Comment se justifier devant sa copine lorsqu’on lui a posé un lapin sans donner signe de vie ? Made in Japan (Espagne, 2007, 5’) de Ciro Altabás nous donne la solution.

Aucun point commun en apparence entre cette tragi-comédie sociale avec happy end – Short term 12 – et la comédie teenager espagnole Made in Japan. Pourtant ils en ont trois.
Le premier c’est que leur histoire et leur point de vue ne présentent aucune originalité, ce sont de vrais déjàs-vus. Dans Short term 12, il s’agit de vivre une journée dans le centre d’accueil à travers quelques personnages attachants, avec une bonne morale et une bonne résolution. Dans Made in Japan, on assiste à la suite comique de mensonges de plus en plus tordus, que le héro raconte à sa copine en essayant de se faire pardonner.
Le deuxième point commun est que ni l’un ni l’autre ne peuvent être remarqués  pour une quelconque qualité esthétique : conventionnelle pour le premier, elle est pratiquemment inexistante pour Made in Japan, tourné vite fait en mini DV (d’où la fameuse image jaunâtre, on espère).
Mais leur troisième point commun annule les deux autres, car ici, la fin justifie les moyens. Ainsi tous les deux on réussit à atteindre avec succès le cœur du spectateur. Et si Short term 12 émeut jusqu’aux larmes et fait preuve de compassion pour ces personnages si nobles (on entend même quelques petits cris dans le public au moment fort du film), avec Made in Japan toute la salle rit aux éclats pendant les cinq minutes du film, et on se souvient longtemps après la projection finie des quelques blagues et expressions déjà cultes portées avec excellence par l’acteur principal et réalisateur Ciro Altabás.

Bonne chance et longue vie à ces deux courts métrages.
 

Festival du court métrage – Clermont Ferrand 2009 – Journée 0
Festival du court métrage – Clermont Ferrand 2009 – Journée 1
Festival du court métrage – Clermont Ferrand 2009 – Journée 2
Festival du court métrage – Clermont Ferrand 2009 – Journée 3
   



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