Captifs

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Dans la droite lignée de « Hostel », « Captifs » est un mini-survival qui ne paie pas de mine, mais réussit avec ses moyens à tenir en haleine.

Soit une équipe de gentils humanitaires en mission dans les Balkans. Dévoués mais fatigués, Carole, Mathias et Samir s’en retournent en France, mais se perdent sur la route. Ils ne tardent pas à être capturés par des hommes cagoulés, qui les retiennent dans des cellules sans plus de ménagement, et dans un but bien précis…

Sorti de nulle part, Captifs s’avère être une bonne surprise dans le registre souvent sclérosé de la série B à la française. Depuis les coups de boutoir de la génération Kounen-Kassovitz, de l’eau a indéniablement coulé sous les ponts, et le cinéma de genre français est désormais moins une revendication qu’une réalité qu’il faut entretenir. Pour son premier film, Yann Gozlan n’entend pas révolutionner le septième art, jouer au petit malin cinéphile ou tenter « le tout pour le tout ». Comme avec Mutants, ou Vertige, l’ambition se limite ici à confectionner un film à suspense qui vous fasse accrocher l’accoudoir pendant 90 minutes. Ni plus, ni moins.

Objectif survie

Quand le film débute sur une scène de trauma d’enfance à la Caché, qui va aider à définir le personnage de Carole, on craint l’arrivée de la métaphore lourdingue de « l’homme devient animal ». De même, lorsque l’action s’installe dans un paysage indéfini d’ex-Yougoslavie, le projet semble se tourner vers une actualité brûlante (le kidnapping d’humanitaires en zone de guerre), et donc moins un huis clos terrifiant, qu’un film politique. Que nenni. Passé cet acte d’exposition, le décor et la langue des ravisseurs importent peu. On n’est pas non plus dans Martyrs, mais dans le monde du survival décomplexé, où il s’agit de sauver sa peau de méchants trafiquants, qui n’ont aucun scrupule à taillader leurs prisonniers quand le besoin s’en fait sentir. Basiquement, c’est Hostel en moins graphique, moins riche, mais sans les intermèdes comiques graveleux.

Le petit budget de Captifs l’empêche parfois d’être aussi viscéral qu’il le voudrait, surtout dans sa dernière partie. Gozlan, qui traitait déjà du thème de l’enfermement dans son précédent court métrage Écho, préfère donc intelligemment se reposer sur le travail du son (formidable boulot accompli par Frédéric Heinrich) et, chose rare dans notre hexagone toujours enclin à se reposer sur le plan-taille et les champs contre-champs, sur le physique acéré de ses comédiens. Formidable dans L’Ennemi intime, Éric Savin tire ainsi son épingle du jeu en père divorcé plein de failles, animé par un désir féroce de survie, tandis que Zoé Félix, quasiment de tous les plans, devient une Carole aussi convaincante en victime mutique qu’en furie déterminée (ce type de personnage étant quasiment un passage obligé de ce sous-genre).

L’unité de lieu (ainsi que celle de temps, forcément plus floue) aide à maintenir la tension même une fois LA révélation arrivée – elle se devine facilement, avec un peu de jugeote, avant une partie de chasse finale qui cite modestement La Nuit nous appartient. Une référence de plus, discrète et sans doute inconsciente de la part du réalisateur, mais qui donne une raison de plus d’apprécier ce premier essai pas dénué d’ambition, et qui remplit efficacement les objectifs qu’il s’est fixé. C’est déjà pas mal pour un film de genre français.

Titre original : Captifs

Réalisateur :

Acteurs : ,

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Genre :

Durée : 84 mn


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