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Angel

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Sur le strip, la loi du talion a les formes d’un ange. Réédition de la trilogie « Angel » en Coffret DVD/ Blu-ray.

Éditeur vidéo loué à juste titre pour la qualité de son travail dans la mise en valeur des plus beaux fleurons du septième art, Carlotta Films propose également une « midnight collection » consacrée aux classiques américains des vidéoclubs des années 80/90. Dernière sortie en date, la trilogie Angel nous ramène sur les trottoirs du Los Angeles interlope, où les affaires vont bon train jusqu’à l’apparition d’un meurtrier déchaîné. Police impuissante = légitime auto protection. À la tête d’une troupe de justiciers aussi improbables que hauts en couleur, une gamine s’improvise comme une revenge-girl impitoyable : Angel, dont le look correspond aux critères chéris par notre distinguée Inès de la Fressange : « Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec un pull-over plongeant, un jean moulant et des talons hauts, rentrez chez vous et changez-vous« . Étudiante dans le premier opus, avocate dans le second, photographe dans le chapitre final, la mécanique scénaristique se répète ; Betty, » la clean », se métamorphose en ange exterminateur dès la nuit tombée, parée de ses habits de luxure.

 

 

Cent pour cent cinéma d’exploitation, mis en boîte avec quelques dollars en poche, Angel sent bon la série Z, n’oubliant pas quelques clins d’œil très softs au cinéma X : sous la douche ou dans les cabines d’essayage, une ribambelle de nymphettes surexcitées s’agitent artificiellement.  « Humbles » combattants des stéréotypes en tout genre, passez-votre chemin ! Car dans le petit monde d’Angel une femme  aime provoquer le micheton et les marginaux rivalisent d’outrance pour marquer leur singularité. La morale et la loi s’adaptent aux circonstances; une mineure qui tapine pour se payer ses études, prendre son propre flingue pour se protéger, tout ça s’entend pour une police bienveillante emplit de compassion.

Faute de moyens et de réserves d’hémoglobine, les scènes de violence sont loin de nous retourner l’estomac. Plus regrettable, l’amitié et la romance occupent trop la pellicule. Probablement que ces moments mielleux contribuent au mauvais  goût nécessaire pour ce type de recette. Angel, flash-back vers les années quatre-vingt pendant lesquelles le fric et le kitch, c’est chic. Sur nos petits écrans, dans Miami’Vice les deux flics au look ravageur s’éclatent dans les chaudes soirées de la côte-est, n’hésitant pas à dézinguer à tout va quand le besoin se fait sentir. Angel, emblème d’un cinéma décomplexé qui a probablement nourrit l’imaginaire de garnements tels que Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Rien que pour cela, rendons grâce à cette réédition.

 

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