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2001, l’Odyssée de l’espace

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En 1965 les années sont à la course aux étoiles que se livrent Russes et Américains. Toutes les attentions sont tournées vers ce bras de fer qui fait peur et rêver, les journaux font corps au marasme et les yeux commencent à se lever vers le ciel. Et puis il y a ce réalisateur new-yorkais […]

En 1965 les années sont à la course aux étoiles que se livrent Russes et Américains. Toutes les attentions sont tournées vers ce bras de fer qui fait peur et rêver, les journaux font corps au marasme et les yeux commencent à se lever vers le ciel.

Et puis il y a ce réalisateur new-yorkais admiré de beaucoup pour les quelques grandes réussites ciné qu’il a livrées depuis quinze ans ; il y a d’abord eu ce beau premier film, Le Baiser du tueur, puis L’Ultime razzia pour confirmer le talent en émergence ; on se met à parler de lui comme d’un grand avec Les Sentiers de la gloire. Les réalisations s’enchainent et le succès vient. On ne murmure plus Kubrick sans un grelot d’admiration en tête.

Mais qui eût pu prévoir le chef-d’œuvre intemporel que ce jeune photographe s’apprête à tourner cette année là ! 1965, retenez bien cette date car elle marque le début du tournage d’une des œuvres plastiques, réflexives et techniques les plus abouties de l’histoire du cinéma, celle de ce titre qui annonce la couleur : 2001: l’odyssée de l’espace. En 1966 le tournage se termine puis deux années seront nécessaires au montage avant que le film ne soit livré à l’incrédulité d’un public sans voix qui ne comprend pas tellement ce que le brave réalisateur de Spartacus lui présente. Car comme toutes les œuvres visionnaires de son acabit, 2001 essuie pendant très longtemps les critiques désastreuses de tous ceux qu’elle dépasse. Voici pourquoi.

2001: l’odyssée de l’espace est avant tout une réflexion sur l’homme qui prend la forme d’un space opéra déroutant de par un rythme jamais usité auparavant. Le film s’introduit par de larges plans panoramiques sur la période préhistorique. Les hommes singes que nous fûmes se retrouvent vite nez à nez avec l’objet d’un des thèmes principaux développés par le maitre Stanley : le monolithe, signe de l’intemporalité qui se présente aux hommes, tout au long du film, aux moments clés de leur évolution spirituelle, et que les hommes semblent poursuivre en vain. Puis sans plus de transition Kubrick nous plonge à une époque plus avancée que la notre, où un homme est envoyé en mission vers Jupiter. Arrivé là-bas il se retrouvera face à sa propre évolution, tentant vainement de percer le secret de cette pierre immortelle afin de percer le secret de sa propre histoire.
Les interprétations en tout genre se sont multipliées depuis la sortie de ce chef d’œuvre, il ne m’ appartient pas d’en exposer une de plus car 2001 est avant tout une invitation au voyage.

Kubrick disait lui même qu’il s’agissait d’une expérience visuelle et sensitive qui pouvait se passer de plus d’explications. Je m’en tiendrai à cette facette du film, ayant moi même toujours été incapable d’assurer pouvoir exposer le sens de cette réflexion intemporelle et brillante.
Restent malgré tout les éléments techniques révolutionnaires sur lesquels pavoiser, 2001 étant le premier film de l’histoire à avoir utulisé des effets spéciaux travaillés sur ordinateur. La toile d’espace a été totalement tournée en studio sous la direction nécessairement minutieuse de Kubrick.
Sans oublier l’air magistral de Zarathoustra qui ponctue le film aux moments transitionnels (voilà pourquoi on peut parler de space opera) et qui hypnotise un peu plus un spectateur fasciné par tant de perfection, à défaut d’être sûr de pouvoir comprendre ce qu’elle pointe du doigt.

Titre original : 2001: A Space Odyssey

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Durée : 140 mn


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