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Un homme perdu

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Thomas Koré, photographe français, parcourt le monde à la recherche d’expériences extrêmes. Son chemin croise celui de Fouad Saleh, un homme étrange à la mémoire défaillante. Le Français va tenter de découvrir son histoire et de tracer avec lui un bout de chemin au cœur d’un Orient sulfureux et secret. Un homme perdu est une […]

Thomas Koré, photographe français, parcourt le monde à la recherche d’expériences extrêmes. Son chemin croise celui de Fouad Saleh, un homme étrange à la mémoire défaillante. Le Français va tenter de découvrir son histoire et de tracer avec lui un bout de chemin au cœur d’un Orient sulfureux et secret.
Un homme perdu est une histoire d’errance. Une fuite ou une recherche à travers divers pays d’Orient, au détour de déambulations nocturnes dans des bars, des boites, des hôtels. Sans oublier les femmes, point névralgique de la faiblesse des hommes et axiome photographique pour une quête sans but.

La réalisatrice Danielle Arbid, originaire du Liban, a construit son film autour d’un Occidental et d’un Arabe, deux personnages en apparence antagonistes mais unis par la perte de repères, afin que l’un puisse être le recto de l’autre. Pour construire le rôle de l’occidental, elle s’est inspiré des livres de William T. Vollmann et des photos d’Antoine d’Agata, photographe célèbre par ses clichés dans les bordels glauques par-delà le monde. En prenant appui sur ces expérimentateurs des limites, Arbid a souhaité palper au plus près cette violence sourde de ces hommes qui se perdent dans le monde et s’oublient.
Filmer la perte, l’errance, exercice souvent difficile dans son approche visuelle. Le réalisateur ne doit pas perdre le spectateur en route tout en faisant partager la perdition de ses personnages. On pense à Profession Reporter d’Antonioni, à Brown Bunny de Vincent Gallo ou bien à La Vie nouvelle de Grandrieux, immenses films sur la recherche de soi et l’errance intérieure.

Un homme perdu peut se définir comme une expérience du toucher en pleine nuit. Thomas est aveuglé par son besoin de photographier des êtres humains sur le fil du rasoir, et Fouad est si perdu dans sa vie qu’il tâtonne en plein jour à la manière d’un aveugle. Ces deux personnages se perdent, disparaissent, puis réapparaissent, toujours à la lumière du corps des femmes, de leurs sourires, de leurs entrejambes.
En filmant de manière distancée les paysages sans fin de la Syrie et de la Jordanie, parfaits décalques des territoires illimités des deux hommes, Arbid transmet avec brio l’idée d’errance. Frontières, gares routières, tous les symboles de la notion de territoire passent dans l’image comme des lieux fantomatiques n’ayant aucune emprise sur le réel. Puis un taxi ou un bus relient ces déserts aux villes, on l’on retrouve d’autres déserts, affectifs cette fois-ci. Avec ses bars, ses hôtels, ses femmes.

Certaines séquences urbaines sont très réussies, lorsque l’on voit les deux hommes dans les hôtels apprendre à se découvrir et à se dévoiler, ou à se cacher. En revanche, malgré la volonté évidente de la réalisatrice à filmer des séquences sulfureuses, les passages où les femmes interviennent manquent de densité. A aucun moment l’impression d’abandon ne se fait sentir dans les étreintes, les accouplements. Pourtant d’Agata fut conseiller au scénario. Mais Arbid semble hésitante, n’osant peut-être pas aller trop loin dans sa manière de filmer une chair frissonnant au clic de l’appareil photographique. Il y a trop de retenue dans les séquences d’amour pour retranscrire la fièvre des personnages. Elle passe alors à côté de ce vertige qu’elle voulait tant faire partager.
Et si le film continue sa trajectoire erratique autour de son duo d’acteurs impeccables de bout en bout, on a tout de même la sensation d’être passé à côté d’un grand film.

Titre original : Un homme perdu

Réalisateur :

Acteurs : ,

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Genre :

Durée : 93 mn


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