Select Page

The Children

Article écrit par

Un film au traitement diaboliquement efficace et jouissif.

Malgré un postulat de base maintes fois traité (des enfants se retournant contre des adultes) et des moyens limités, le réalisateur Tom Shankland s’en tire plus qu’avec les honneurs. Délesté de toute intrigue parasite, The Children se concentre sur le principal : les jolies petites têtes blondes devenues des monstres psychopathes.

Tout commence en pleine campagne : deux familles se retrouvent pour Noël dans une grande bâtisse perdue en pleine nature. Les enfants jouent dans la neige, les parents se retrouvent autour d’un verre de vin : un week-end de fête comme un autre. Mais rapidement, le comportement des enfants intrigue. Et pour cause ! Touchés par un virus à l’origine inconnue, ceux-ci se transforment petit à petit en tueurs méticuleux et manipulateurs.

La réussite du film repose essentiellement sur le scénario de Tom Shankland (basé sur une idée de Paul Andrew Williams, réalisateur de Bienvenue au cottage). En effet, avec un tel sujet, la moindre faute de goût scénaristique aurait pu emmener The children dans le grandguignolesque le plus ridicule. Or, on ne doute pas une seconde des scènes de meurtres crapuleux perpétrés par ces jeunes enfants. Le fait qu’ils soient touchés par un mal totalement inexpliqué permet d’accepter plus facilement leur état déviant tout en évitant une explication totalement fantastique.

De plus, un personnage effectue un lien entre les spectateurs et les protagonistes : Casey, seule adolescente du film, voit la réalité en face et tente d’ouvrir les yeux des plus vieux quant à la monstruosité des enfants. Grâce elle, une véritable lutte parents-enfants commence bel et bien, notamment lorsqu’elle entraîne sa mère au premier infanticide. Si les adultes sont réfrénés par leur fibre parentale, la jeune adolescente joue sa survie et n’hésite pas à tuer les petits démons, offrant ainsi au film un rythme rapide et l’inverse d’un ton gentillet.

Lui aussi conscient de la férocité des marmots, Tom Shankland n’a donc aucune pitié envers eux, pour le plus grand bonheur des amateurs d’horreur pure. Laissant libre cours à son imagination, il élabore des meurtres particulièrement jubilatoires et ancrés dans un certain réalisme, desquels résultent des scènes paradoxales, à la fois effrayantes de cruauté et divertissantes.

Par ailleurs, le réalisateur anglais prend le parti de tourner l’ensemble des scènes de tension en plein jour. Aidé par une neige omniprésente, qui glace le décor, et des enfants aux visages inquiétants, il réussit son pari. L’angoisse est palpable jusqu’aux dernières minutes. Enfin, il a l’intelligence d’éviter les digressions inutiles et donne la priorité à la terreur pure, délaissant toute scène superflue au profit de la seule montée de tension.

Tom Shankland nous livre ainsi une pellicule concise et efficace, qui plaira particulièrement aux fans du genre. S’il n’atteint pas les sommets de l’excellent classique de 1976, Les Révoltés de l’an 2000 de Narciso Ibanez Serrador, The Children en est une sorte de copie plus contemporaine, plus rythmée, plus distrayante mais moins aboutie. Restons donc attentifs au prochain rejeton de Shankland et méfions-nous, d’ici là, des petites têtes blondes à Nöel…

Titre original : The children

Réalisateur :

Acteurs : ,

Année :

Genre :

Durée : 85 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La Cité sans voiles

La Cité sans voiles

Prototype matriciel du «noir procédural», «La cité sans voiles» fraye la voie vers un courant néo-réaliste semi-documentaire issu de l’immédiat après-guerre. Drapée sous une chape nocturne, la métropole new-yorkaise bruisse de mille faits divers crapuleux. Le jour venu, à l’été 1947, la brigade des homicides dont le bureau est la rue, bat le pavé brûlant des artères populeuses pour les élucider.