Select Page

Philippe de Broca

Article écrit par

A l’occasion de la sortie du livre « Philippe de Broca, un monsieur de comédie » ce Coin du cinéma est consacré à l’un des plus virevoltants cinéastes français.

Philippe de Broca est une des personnalités les plus singulières du cinéma français, qui réussira à déployer un univers aussi original qu’inventif, particulièrement durant les années 60/70. Il est de la même génération que les jeunes turcs de la Nouvelle Vague dont il emboite partiellement le pas (le sujet de son premier film Les Jeux de l’amour partant d’une même base que Une femme est une femme de Jean-Luc Godard) et même certaines préoccupations avec cette jeunesse gaullienne aspirant à un ailleurs moins contraint. De Broca se situe à la fois sur une veine plus accessible et populaire et l’aspect bricolé de la Nouvelle Vague, cet entre-deux se jouant selon les films avec la grosse production Cartouche ou le trépidant L’Homme de Rio. Cette dichotomie se joue également dans le choix de ses doubles cinématographiques, qui illustrent chacun à leur manière la quête d’un ailleurs insouciant baigné de fantaisie. Jean-Pierre Cassel représente ce qu’il est, espiègle, séducteur mais aussi fragile dans les superbes Le Farceur et L’Amant de cinq jours. Jean-Paul Belmondo représente quant à lui l’idéal gouailleur, bondissant et irrésistible que de Broca aimerait être, une idée génialement conceptualisée dans Le Magnifique. Un monde s’abandonnant aux plaisirs de la vie, à l’excentricité sans entrave constitue l’idéal de ce grand mélancolique qui en fait la profession de foi de son chef d’œuvre Le Roi de cœur. L’échec de ce film fut une de ses grandes peines, même s’il en donnera un pendant plus « français » et accessible avec l’excellent Le Diable par la queue. L’inspiration de Philippe de Broca se fera plus inégale lors des décennies suivantes avec néanmoins encore des réussites notables comme Le Bossu. Incontournable et inimitable, Philippe de Broca est un grand.

 

Bonne lecture avant un prochain Coin du cinéphile consacré à Peter Bogdanovich !


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Qui a tué le chat?

Qui a tué le chat?

Après “l’argent de la vieille”(1972) et avant “le grand embouteillage”(1979), Luigi Comencini se commet dans une satire implacable qui vise à débrouiller l’écheveau des travers de la société de son temps. Sous le vernis de la farce à l’absurde déjanté s’écaille une vision lucide et décomplexée. Décapant.

Casanova, un adolescent à Venise

Casanova, un adolescent à Venise

“Casanova, un adolescent à Venise” dépeint une tranche de la vie picaresque de l’auteur-mémorialiste libertin de “Histoire d’une vie”, Giacomo Casanova. Cinéaste de “l’innocence perdue”, Comencini s’inspire des tableaux de genre du peintre vénitien Pietro Longhi pour leur insuffler le mouvement comme autant de saynètes croquant les moeurs dissolues de l’aristocratie de la république vénitienne au siècle des lumières le tout somptueusement enchâssé sur la toile de fond en trompe-l’œil de la lagune.

Où est la liberté?

Où est la liberté?

Tamasa distribue en digipack blu-ray/dvd la seule comédie néo-réaliste italienne signée Rossellini sortie en France en 1961 et peu vue depuis : “Où est la liberté ?”. Une curiosité au burlesque tragi-comique…