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Peter Weir

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Pour ce Coin du Cinéphile, place à un auteur rare et mésestimé.

Peter Weir est un des cinéastes les plus discrets et passionnants de ces trois dernières décennies. Cette souplesse et cette discrétion lui auront permis de se glisser d’un genre à un autre, de la Nouvelle Vague australienne des 70’s à la grosse production hollywoodienne, mais seront également les causes d’un relatif manque de considération. Dans les meilleurs films de Peter Weir, tout fonctionne en creux, tout évite l’évidence (spectaculaire, narrative) attendue pour fonctionner sur une forme d’attente. Plutôt que la disparition des écolières de Pique-nique à Hanging Rock, il préférera s’attarder sur l’après-midi qui précède et les vagues de sensations et d’émotions de ce moment. La description de la communauté Amish escamote presque l’enquête policière de Witness, le quotidien du navire prend le pas sur les grandes batailles dans Master and Commander, tout comme la jeunesse insouciante de Gallipoli est saisie pour mieux être détruite au final.

Cet aspect immersif et faussement en retrait, Peter Weir l’aura développé dans ces premiers films au sein d’une Nouvelle Vague australienne dont il sera avec George Miller le seul survivant marquant. Weir affinera ainsi son art avec au départ des œuvres difficiles et quasi expérimentales par instants (Les Voitures qui ont mangé Paris) pour s’affirmer ensuite de manière de plus en plus ouverte, d’abord en s’inscrivant dans la culture et l’Histoire australienne (Gallipoli, La Dernière Vague) avant de tendre brillamment vers l’universel. S’il s’égare parfois (Le Cercle des poètes disparus difficile à revoir aujourd’hui), Peter Weir est aujourd’hui un des meilleurs conteurs du cinéma contemporain, capable d’aborder des thèmes complexes et ambitieux dans des œuvres accessibles et limpides comme Mosquito Coast ou The Truman Show.

Bonne lecture en attendant le dernier coin du Cinéphile consacré à Jean-Pierre Melville.

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