Select Page

Notre univers impitoyable

Article écrit par

Une comédie gigogne, qui parle d´égalité des sexes à l´heure de la femme active. La démonstration est peu convaincante…

Nous revoilà revenus dans le monde unique en son genre de la comédie romantique française, plus précisément parisienne, pauvrement filmée en champ contre-champ et en plan-moyen. Un univers impitoyable, c’est le cas de le dire, où le moindre début de petite idée de pitch débouche illico sur un nouveau film survendu, couple glamour et seconds rôles en vue à l’appui. La grande blonde Alice Taglioni et le jeune premier Jocelyn Quivrin font donc ici office de héros modernes.

L’amour, bien sûr, va poser des problèmes à ce couple d’avocats luttant pour obtenir une place d’associé dans leur cabinet. Pour parler avec originalité de cette guerre des sexes professionnelle, le scénario choisit de scinder son histoire en deux : dans la première, c’est Victor qui a le poste ; dans la deuxième, Margot. Le prétexte, même s’il a déjà été utilisé dans le film anglais Pile et Face, est plutôt bon. Mais faute d’ambition, il sert surtout de bonne excuse pour débiter les clichés les plus éculés sur la femme moderne (qui existe depuis quarante ans, rappelons-le) : forcément castratrice, attirée par les puissants et les hidalgos bodybuildés – scène fournissant l’un des rares bons gags du film. Quant à l’homme, il n’est évidemment guère mieux loti : macho, vénal, insensible, attiré par sa secrétaire… Dans les deux cas, le couple bat de l’aile, à cause bien sûr d’un patron méchant, joué par un Thierry Lhermitte impeccable. Dans les deux cas, on nous dit que le pouvoir corrompt, et que l’amour, le vrai, résiste à toutes les tempêtes…

Léa Fazer nous refait même le coup des meilleurs amis qui tombent comme par hasard amoureux alors qu’ils n’ont rien en commun. Bref, dans sa description de cette guerre intime, Notre univers impitoyable choisit de ne pas choisir, et au lieu de laisser vivre ses personnages, se livre à une opposition de caricatures sur pattes. A éviter, vraiment.

Titre original : Notre univers impitoyable

Réalisateur :

Acteurs : , ,

Année :

Genre :

Durée : 87 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Outrage

Outrage

Les six films d’auteur réalisés par Ida Lupino entre 1949 et 1966 traduisent l’état de « victimisation » dans lequel est maintenue
la femme américaine face aux défis de la reconstruction sociale de l’après-guerre. « Outrage » formalise, à travers l’esthétique du film noir, le trauma existentiel d’une jeune fille sauvagement violée. Poignant en version restaurée.

Interview d’Abel Danan.

Interview d’Abel Danan.

Pour son deuxième court-métrage, Love Cantata, Abel Danan s’est entretenu avec nous. C’est l’ occasion de découvrir un cinéaste très prometteur, que Vanity Fair vient de classer dans son palmarès annuel des jeunes talents à suivre de près.