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Les Chimpanzés de l’espace (Space Chimps)

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Un film d´animation fauché » et inabouti, tristement prévisible et malheureusement peu inventif. »

Destinée à recueillir dans l’univers le moindre signe de vie extra-terrestre, une sonde spatiale lançée par la Nasa se perd du côté de la Lune, happée par un trou noir. Curieux de savoir ce qui lui est arrivé, les chercheurs du centre spatial décident d’envoyer à sa recherche, non pas un équipage d’humains, mais bien plutôt trois chimpanzés entraînés et briefés comme il se doit ; personne, en effet, ne sait quelles peuvent être les conséquences de la traversée d’un trou noir (devenu trou de vers pour l’occasion, c’est-à-dire vortex spatio-temporel menant à un point très éloigné de l’univers) sur l’organisme humain, et c’est la vie de ces singes qu’on préfère risquer.

Histoire de faciliter les relations publiques, la Nasa intègre à cet équipage, Ham 3, le petit-fils de Ham, premier singe à avoir quitté le plancher des vaches afin de tracer la voie de la conquête spatiale pour John Glenn, le premier américain à avoir été dans l’espace. Seulement voilà, Ham 3, singe-canon au sein d’un petit cirque de province, ne l’entend pas de cette oreille. Lui, ce qu’il veut, c’est “s’éclater”, s’amuser, et divertir son public. Certainement pas servir de cobaye à des humains ayant risqué la vie de son grand-père pour la gloire d’un des leurs. Plus ou moins placé de force dans la fusée qui va lui faire traverser l’espace en compagnie de Luna, la jolie chimpanzée, et Titan, le costaud, Ham 3 va devoir composer avec la rigidité quasi-militaire de ses co-équipiers élevés à Cap Canaveral par la Nasa.

Qu’importent les lois – et surtout celle de la gravitation -, Ham 3 continue de faire ce qu’il lui plaît, et ses méthodes d’action, bien que peu conventionnelles, sauvent à plusieurs reprises la mise de l’équipage, perdu dès qu’il s’agit de faire face à une situation non repertoriée dans le manuel de la Nasa – et ce, notamment, lorsqu’un vil extra-terrestre prénommé Zartog, et devenu Zartog le Grand après avoir asservi son peuple à l’aide de la sonde spatiale égarée, leur complique la mission sur une planète étrangère. Il va falloir, pour chacun de nos singes, apprendre à grandir, à composer avec autrui, avec ses responsabilités, sans craindre l’aventure et la “cool-attitude” (pour Luna et Titan), ou les règles et normes pré-établies (en ce qui concerne Ham).

“Par le producteur de Shrek”, nous annonce l’affiche des Chimpanzés de l’espace, co-écrit (avec Rob Moreland) et réalisé par Kirk DeMicco, dont c’est le premier film. Si John H. Williams, producteur et initiateur de la saga Shrek, est du voyage, il reste qu’on peut difficilement rivaliser avec Pixar ou Dreamworks, lorsqu’on s’appelle Vanguard (Vaillant [2005] ; Cendrillon et le prince (pas trop) charmant [2007]), qu’on ne bénéficie pas de la même capacité budgétaire, de la même science en matière d’infographie, et surtout, du même talent.

L’histoire peu étoffée, l’intrigue courue d’avance, les gags téléphonés, ainsi que le propos plutôt banal, ne peuvent absolument pas relever la médiocrité des images qui nous sont données à voir. Les décors sont simplistes, les figurants peu nombreux et immobiles, les détails carrément absents, les mouvements de caméra plats et sans saveur, et les expressions faciales se résument à soulever les sourcils et ouvrir la bouche pour exprimer la surprise.

A la décharge des créateurs des Chimpanzés de l’espace, on pourra cependant dire qu’il est quasiment impossible de sortir un film en images de synthèse après Wall-e (Pixar) ou Kung-fu Panda (Dreamworks), vus cet été, sans aller droit dans le mur de l’impossible concurrence. Ces studios sont de telles machines, et tellement bien rodées ! Les Chimpanzés de l’espace sort avec dix ans de retard, et si “le producteur de Shrek” a eu l’audace de concevoir ce film, c’est au prix d’un inaboutissement flagrant et malheureux, aussi bien en terme scénaristique, qu’au niveau de l’animation. On saura dorénavant qu’il ne faut pas se battre contre un puissant rival en usant des mêmes armes que lui, mais bien plutôt en innovant, en surprenant, et en intéressant davantage son public.

Titre original : Space Chimps

Réalisateur :

Acteurs : , ,

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Genre :

Durée : 75 mn


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